PIP : les dirigeants se renvoient la balle

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PIP : les dirigeants se renvoient la balle
Jean-Claude Mas a été mis en examen pour "blessures involontaires".@ Maxppp
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Jean-Claude Mas tente de se dédouaner en chargeant son ancien président du directoire.

Ils se livrent à une véritable partie de ping-pong par procès-verbaux interposés. Pendant leur audition par la juge marseillaise Annaïck Le Goff, deux anciens dirigeants de PIP se sont accusés mutuellement, rapporte le Journal du Dimanche. Jean-Claude Mas, fondateur de la société, a été mis en examen pour "blessures involontaires", tout comme Claude Couty, 59 ans, président du directoire de 2005 à 2010, date de la liquidation de la société.

Jean-Claude Mas, qui n’a pas exprimé le moindre regret à l’égard des victimes des prothèses mammaires PIP, cherche à se dédouaner. Il affirme qu’à compter de 2005, il n’était plus que président du conseil de surveillance de l’entreprise, "sans aucun rôle exécutif", après avoir été "limogé". Une version qui laisse la juge sceptique, se demandant si Jean-Claude Mas n’a pas lui-même transformé sa société en SA à directoire pour pouvoir toucher des jetons de présence.

Un homme "très autoritaire"

Et Claude Couty affirme de son côté que le rôle de Jean-Claude Mas au sein de la société n’a pas changé à partir de 2005. "C’est lui qui fixait les tarifs, qui intervenait au plan de la production", a-t-il expliqué à la juge, assurant que le fondateur de PIP maîtrisait tout, sauf la comptabilité. Des salariés de l’entreprise ont toutefois évoqué une direction "bicéphale".

"C’est Mas qui souhaitait fabriquer avec son gel et il s’adressait directement à la production", charge Claude Couty. Jean-Claude Mas dit assumer, mais seulement jusqu’en 2005. Après cette date, c’est Claude Couty qui aurait pris les décisions sur le gel. Celui-ci affirme avoir tenté, avec trois autres cadres, de convaincre Jean-Claude Mas d’abandonner son gel "maison" pour le remplacer par le gel Nusil, homologué, mais nettement plus cher. Sans succès : "Mas a refusé en 2007 […] et il nous a tenu tête".

Au final, Claude Couty reconnaît un tort, celui d’avoir fait "confiance à M. Mas qui [lui] disait que son gel était bon". Il se justifie de n’avoir pas pris de mesures pour imposer le bon gel en évoquant le caractère "très autoritaire" de Jean-Claude Mas.