PIP : Jean-Claude Mas remis en liberté

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PIP : Jean-Claude Mas remis en liberté
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Le fondateur de la société de prothèses mammaires sera sous contrôle judiciaire. Les plaignantes s'inquiètent.

Jean-Claude Mas a retrouvé la liberté. Huit mois après son incarcération, le fondateur de la société de prothèses mammaires PIP, qui se trouve au cœur d'un scandale sanitaire mondial, a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire. Une nouvelle qui suscite la colère des victimes portant ces prothèses défaillantes composées de gel silicone frauduleux destiné à un usage industriel et non pas médical.

Jean-Claude Mas est sorti à pied, vers 16 heures lundi après-midi, de la prison du Pontet  dans le Vaucluse. Coiffé d'un bonnet bleu, deux sacs en plastique sous le bras, l'homme de 73 ans, visiblement amaigri et fatigué, a échangé quelques mots avec la vingtaine de journalistes présents sur place. Répondant à une question sur son état de santé, il a souligné être "resté interné huit mois". "Je suis ruiné, monsieur, je suis ruiné", a-t-il répondu à un journaliste qui l'interrogeait sur le contenu des sacs en plastique qu'il portait.

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"Nous sommes toutes dans des prisons"

Le juge marseillais qui instruit le volet financier de l'affaire devait en effet statuer lundi sur une demande de remise en liberté déposée par son avocat, Me Yves Haddad, le 17 octobre. "Le juge vient de rendre l'ordonnance de remise en liberté sous contrôle judiciaire", a annoncé l'avocat lundi, qui n'avait pas encore connaissance des conditions précises de ce  contrôle.

"J'estime que par respect pour toutes les familles, il devrait rester incarcéré, ne serait-ce que pour montrer que l'on a une considération vis à vis de toutes ces femmes qui souffrent", estime Joëlle Manighetti, victime des prothèses mammaires, interrogée par Europe 1. "Parce que nous sommes toutes dans des prisons maintenant. On ne sait toujours pas à quoi s'attendre puisque ce qui nous a été implanté dans le corps n'a jamais été implanté dans des corps humains", rappelle-t-elle.

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© MAX PPP

Un risque qu'il quitte le pays

La période de détention provisoire de Jean-Claude Mas, actuellement détenu à la prison du Pontet, dans le Vaucluse, échoit en effet le 4 novembre. L'homme de 73 ans, mis en examen en janvier pour blessures involontaires dans le dossier sanitaire du scandale PIP, avait été placé en détention provisoire pour quatre mois en mars, faute d'avoir versé la caution prévue dans le cadre de son contrôle judiciaire.

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Il devait être libéré début juillet mais avait alors été replacé pour quatre mois en détention provisoire, cette fois dans le cadre de l'instruction de nature financière, ce que son avocat avait dénoncé comme une "cruauté judiciaire". La justice avait fait valoir un risque de fuite à l'étranger.

"Ce risque existe encore, mais j'ai quand même confiance en notre système judiciaire", souligne Me Philippe Courtois, du barreau de Bordeaux, qui représente plus de 2.300 victimes regroupées en association.

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© MAXPPP

Mais de leur côté, les plaignantes sont inquiètes. "Ce que j'espère vraiment, c'est qu'il va ressortir au moins avec les garanties qu'il ne pourra pas quitter le pays et qu'il sera là pour son procès. Nous savons très bien qu'à la première occasion, il fera tout pour quitter le pays. Il l'a dit lui même", s'inquiète Joëlle Manighetti au micro d'Europe 1.

Un procès hors normes

Si les plaignantes préféreraient certes le savoir en prison, elles ont été soulagées par l'annonce début octobre des dates du premier procès, pour "tromperie aggravée", prévu du 17 avril au 14 mai à Marseille. C'est "un premier pas vers la reconnaissance" de leur souffrance, estime Me Philippe Courtois. Sont attendus à ce procès hors normes environ 180 avocats, 4.380 plaignants français et 220 plaignants étrangers. Outre le fondateur de l'usine PIP, quatre anciens cadres comparaîtront à l'audience.

Le nombre de porteuses de prothèses PIP serait d'environ 30.000 en France et de plusieurs dizaines de milliers à l'étranger. "Je savais que ce gel n'était pas homologué, mais je l'ai sciemment fait car le gel PIP était moins cher (...) et de bien meilleure qualité", avait expliqué Jean-Claude Mas en octobre 2011 aux gendarmes.