PIP: enquête pour "homicide involontaire"

  • A
  • A
PIP: enquête pour "homicide involontaire"
La justice va enquêter sur un lien éventuel entre les prothèses PIP et des maladies graves.@ MAX PPP
Partagez sur :

Le parquet de Marseille va ouvrir une information judiciaire après le dépôt de 2.000 plaintes.

C’est une première victoire sur le plan judiciaire pour l’association des porteuses de prothèses PIP (PPP). Le parquet de Marseille s’apprête en effet à ouvrir une information judiciaire pour "blessures et homicide involontaire", après avoir reçu plus de 2.000 plaintes de porteuses de prothèses mammaires PIP.

Pas de lien établi, mais des présomptions

Une femme de 53 ans, ancienne porteuse de ces implants fabriqués par la société varoise Poly Implant Prothèse (PIP) qui utilisait du silicone industriel à usage non médical, est décédée lundi à Marseille d'un lymphome sans que l'on puisse pour l'heure établir formellement un lien de cause à effet.

Mais de fortes présomptions existent. Pour Katia Colombo, la soeur de la victime, ce lien ne fait aucun doute : selon le certificat médical de l'oncologue, le lymphome est apparu au contact de la prothèse, explique-t-elle. De son côté, l’Institut Paoli-Calmettes, où la patiente est décédée, a précisé que celle-ci souffrait du "lymphome anaplasique à grandes cellules" (ALCL), avec "antécédents de complications sur des prothèses mammaires".

Une autre enquête en cours

Une enquête préliminaire du pôle santé du parquet de Marseille avait été ouverte en mars 2010, parallèlement au retrait du marché de prothèses défectueuses par l'Afssaps, alertée par le nombre anormal de ruptures, et à la mise en liquidation judiciaire de PIP. Outre le volet "homicide involontaire", un autre volet porte sur les faits de tromperie dont l'entreprise PIP est accusée et sera jugé courant 2012, a précisé une source proche du dossier. PIP a vendu en une dizaine d'années des prothèses pour 300.000 femmes, dont 30.000 en France.

Dominique-Michel Courtois, médecin-expert de l'association des porteuses de prothèses PIP (PPP), a demandé jeudi au ministre de la Santé Xavier Bertrand "un fonds d'indemnisation d'urgence" pour financer le remplacement des prothèses des Françaises concernées. L'assurance maladie prend en charge les frais engagés pour ôter ces implants douteux. En revanche, la pose d'une prothèse de remplacement n'est remboursée que dans le cadre d'une reconstruction mammaire après ablation du sein pour cancer, et non pour des raisons esthétiques, qui concernent 80% des femmes implantées "PIP".