Pilule : "la Marion d'avant est morte"

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Pilule : "la Marion d'avant est morte"
@ MaxPPP
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TÉMOIGNAGE E1 - Marion Larat a porté plainte vendredi contre un fabriquant de pilule contraceptive.

"En trois mois, je me suis retrouvée hémiplégique, aphasique, trois jours de coma. C'est sûr, la Marion d'avant a été tuée". Marion Larat a 25 ans aujourd'hui. Elle vient de porter plainte contre le groupe pharmaceutique Bayer, qui commercialise Meliane, une pilule dite de "troisième génération". Son avocat l'assure : il s'agit de la première plainte jamais déposée contre ce type de contraceptif.

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D'après la jeune femme, qui s'est confiée à Europe1, ce contraceptif est responsable de sa maladie. L'histoire qu'elle raconte débute en 2006. "J'ai eu un AVC massif, trois mois après avoir pris la pilule. Il m'a conduit tout droit à l'hôpital. J'étais en train de passer des concours, de Normal Sup', et tout ça est passé à la trappe", se souvient-elle.

"Parfois d'autres sont mortes"

Son père, André, parle d'elle comme d'un "miraculée". Difficultés à parler, fatigue permanente, crampes régulières… elle vit pourtant un calvaire chaque jour, "un cauchemar quotidien" pour reprendre les mots de son père. Mais ça aurait pu être pire : "on a découvert que mon cas n'était pas unique, que parfois d'autres étaient mortes, d'embolie pulmonaire. C'est dramatique", détaille Marion.

Le lien entre sa pilule et la maladie est-il vraiment avéré? Pour elle, c'est une évidence. "Ce n'est pas moi qui ai dit tout d'un coup : 'c'est la pilule'. Une hématologue m'a appelée un jour sur mon téléphone, me disant 'bien sûr que c'est la pilule'", se souvient-elle. Et de poursuivre : "J'ai commencé à rire. Je ne comprenais pas. Elle m'a répondu : 'on le sait depuis le début, vous n'étiez pas au courant?'"

3 à 4 cas pour 10.000 utilisatrices

Dans le cas de Marion Larat, le lien entre la pilule et le risque d'AVC a été définitivement confirmé en juin, par la Commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de la région Aquitaine. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a également annoncé mi-septembre la fin du remboursement par la Sécurité sociale de ces pilules contraceptives de troisième génération.

"Ce risque reste très faible, de 3 à 4 cas pour 10.000 utilisatrices", assure toutefois le ministère de la Santé. Entre 1,5 et 2 millions de femmes utilisent aujourd'hui une des nombreuses pilules de 3e génération sur le marché, dont la moitié n'est pas remboursée par la Sécurité sociale.