Pénurie: un centre de crise mis en place

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Pénurie: un centre de crise mis en place
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Il a été activé lundi par le gouvernement qui affirme toujours qu'il n'y a pas de pénurie.

L'augmentation du nombre de stations-service en panne sèche a poussé le gouvernement à activer lundi un centre interministériel de crise pour assurer "la pérennité du ravitaillement en carburant" dans l'Hexagone. Plus de 5.00 stations, sur les 12.500 de l'Hexagone étaient à court de carburant lundi soir.

"Désagréments" et "tensions"

Le gouvernement continue toutefois de marteler que la France n'est pas en situation de pénurie, contrairement aux acteurs du secteur. Lundi soir sur Europe 1, Dominique Bussereau, le secrétaire d'Etat aux Transports, a affirmé que les "désagréments dans certaines stations" étaient dus à des "achats de précaution".

Le ministère de l'Intérieur a fait état lundi soir de "tensions d'approvisionnement" de stations-service dans plusieurs départements du pays et annoncé la mise en route d'un "plan d'acheminement" de carburants vers les départements concernés dès mardi.

Plusieurs ministres avaient assuré dimanche que le gouvernement veillait à l'approvisionnement des stations. "Je ne laisserai pas l'économie française étouffer par un blocage de l'approvisionnement en carburant", avait déclaré le Premier ministre François Fillon, interrogé sur TF1 dimanche soir. "Le droit de grève est respecté, mais ça n'est pas le droit d'empêcher l'accès au carburant", avait-t-il insisté.

"On livre à tour de bras"

Le président des l'Union française des industries pétrolières (Ufip), Jean-Louis Schilansky, avait affirmé qu'après une journée "très dure" samedi, la situation s'améliorait partout en France "dans la mesure où l'accès aux dépôts est libre". "Nous avons les moyens de livrer les stations service de façon 'quasi-normale'. On livre à tour de bras", avait-t-il indiqué.

La menace d'une pénurie "s'éloigne considérablement" avec "plusieurs semaines" de stock disponible, avait estimé Jean-Louis Schilansky. Mais la situation "reste tendue", avait-t-il ajouté. "Nous avons trouvé les moyens de faire face aux moments les plus aigus de la crise", pour autant, "nous ne pourrons pas tenir éternellement".

"Le jeu du chat et de la souris" dans les dépôts

Lundi soir, les 12 raffineries de France métropolitaine étaient à l'arrêt ou en cours d'arrêt, contre seulement dix vendredi, pour cause de grève ou de manque de pétrole brut. L'ensemble des raffineries de métropole étaient en grève lundi, les sites d'Esso à Gravenchon en Seine-Maritime et de Petroplus à Reichstett dans le Bas-Rhin ayant rejoint le mouvement vendredi.

Une dizaine de dépôts de carburants étaient également bloqués lundi soir. Dimanche, le coordinateur CGT du groupe Total, Charles Foulard, avait annoncé un "jeu du chat et de la souris" avec la police lors des blocages des dépôts de carburant. Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux avait lui dimanche que le gouvernement ferait "débloquer les dépôts" pétroliers qui seraient bloqués par des manifestants.

Dimanche, la préfecture de Seine-et-Marne avait réquisitionné, par arrêté, du personnel "pour procéder au chargement et à la livraison des clients de la raffinerie" Total de Grandpuits, provoquant le blocage du site. Lundi soir, les accès étaient toujours bloqués mais les grévistes réquisitionnés avaient repris le travail.