Pédophilie : le mea culpa de Mgr Gaillot

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Pédophilie : le mea culpa de Mgr Gaillot
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Il a reconnu avoir accueilli un prêtre pédophile lorsqu’il était évêque d'Evreux, "une erreur".

Alors que les révélations se succèdent sur les affaires de pédophilie dans l’Eglise, monseigneur Jacques Gaillot, ancien évêque d'Evreux et actuel évêque de Partenia, a reconnu lundi son "erreur" d’avoir accueilli en 1987 un prêtre pédophile dans son diocèse, dans un entretien accordé au journal Le Parisien.

"On rendait service. On vous demandait d'accueillir un prêtre indésirable et vous l'acceptiez. C'est ce que j'ai fait, il y a plus de vingt ans. C'était une erreur", a confié Jacques Gaillot au sujet de l’accueil d’un prêtre canadien condamné pour pédophilie dans son pays.

En 1987, l'Eglise avait autorisé un prêtre canadien, Denis Vadeboncoeur, à exercer en France alors qu'il avait été condamné à 20 mois de prison au Canada en 1985 pour de multiples faits de pédophilie. Jacques Gaillot, au courant de ces faits, l'a pourtant nommé en 1988 curé et vicaire épiscopal, le mettant en contact avec des enfants dans l'ouest de l'Eure.

Le silence de l’institution

"Je savais surtout qu’il avait fait un an de thérapie et qu’il était chaudement recommandé par des laïcs ainsi que par son supérieur canadien", a expliqué l’ancien évêque d’Evreux, ajoutant : "J’avais envie de lui donner sa chance. Je n’imaginais pas qu’il puisse être un pervers".

Mais la culture du silence au sein de l’institution et l’absence de contrôle ont permis à ce prêtre de récidiver. "Les gens le trouvaient très sympa. Je me suis dit qu’on pouvait lui faire confiance. J’ai proposé au conseil épiscopal de le nommer curé. C’est ma deuxième erreur", a-t-il reconnu.

Denis Vadeboncoeur a depuis été condamné en 2005 par la cour d'assises de l'Eure à 12 ans de réclusion criminelle pour viols d'un mineur, commis entre 1989 et 1992. Au cours du procès, Jacques Gaillot avait déjà exprimé des regrets.

La nécessaire réforme de l’Eglise

Ce mea culpa d’un ancien évêque se termine par une note d’espoir. "Dans l'Eglise, les choses ont changé. Maintenant, on s'en remet à la justice. On sort peu à peu de cette culture du secret", a-t-il témoigné.

"C'est l'occasion de revoir notre fonctionnement", a-t-il confié :

Monseigneur Gaillot a conclu en évoquant le chemin qu’il reste à parcourir pour l’Eglise : "Célibat des prêtres, homosexualité, préservatif, avortement, place de la femme : sur toutes ces questions, l’Eglise est en retard". Jacques Gaillot a lui déjà évolué sur ces questions, un positionnement qui lui a coûté cher. Ce dernier a été destitué par Rome en 1995 pour ses prises de position contre les lois Pasqua sur l’immigration et dirige depuis un diocèse de la région de Sétif, en Algérie, disparu au 5e siècle et non reconnu par Rome.

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