Patrick, SDF : "je n'ai pas l'expérience du froid"

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Patrick, SDF : "je n'ai pas l'expérience du froid"
Le plan "grand froid" n'est pas mis en place dans tous les départements.@ Max ppp
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REPORTAGE- Les températures ont chuté brutalement et les nouveaux SDF sont inquiets.

Chaque année, le froid fait craindre le pire aux personnes qui vivent dans la rue. Car après une relative clémence en décembre et janvier, les températures proches de zéro ont fait leur retour sur la France. Météo France a placé lundi 23 départements en alerte orange et depuis dimanche, la neige a fait son apparition notamment dans l'ouest et le centre.

Si le plan "grand froid" a été déclenché dans plusieurs départements ou régions comme le Nord-Pas-de-Calais, l'Aude ou la Mayenne, ce n'est pour l'instant pas le cas à Paris. Et pourtant, le froid est bien présent dans les rues de la capitale et les queues s'allongent aux "soupes populaires".

"Le coup de trop au moral"

Le thermomètre indiquait seulement un degré dimanche soir à Paris. En attendant un plat chaud, Patrick, un SDF, s'enroule dans une couverture. Il aperçoit un minuscule flocon de neige. C'est le premier signe du froid et cela l'inquiète au plus haut point car c'est son premier hiver dans la rue : "je n'ai pas l'expérience du froid. Dormir sur un banc, vous vous réveillez toutes les vingt minutes parce que vous avez froid", raconte-t-il au micro d'Europe 1.

Gérard, 43 ans, a été licencié il y a un an. Il est à la rue depuis quatre mois et se met en quête d'un hall d'immeuble ou d'une station de métro. "La chute des températures, c'est le coup de trop au moral. Je ne tiendrai pas le coup", affirme-t-il. Il m'est arrivé, dans une situation normale, de donner une pièce. Mais de le vivre, on se rend vraiment compte...", déplore Gérard.

"Je ne tiendrai pas douze mois", confie-t-il :







"Moins armés que les habitués"

Dans certains départements, l'activation du plan "grand froid" a permis de déclencher le renforcement des maraudes et l'ouverture de places d'hébergements d'urgence supplémentaires. A Paris, près de 973 places ont été ouvertes depuis novembre 2011 mais ce n'est pas encore suffisant. Ces SDF affirment ne pas avoir trouvé de lits dans les centres.

Un des bénévoles de la "soupe populaire" s'inquiète, lui, de voir de plus en plus de monde à son stand : "je pense qu'ils sont moins armés que les habitués de la rue. Dans les files, ils sont généralement seuls. Ils ne se sont pas encore faits de copains de galères. Mais c'est sûr qu'on voit de nouvelles têtes."

Avec le froid qui arrive, la vigilance est donc de mise. Si vous découvrez une personne en difficulté ou sans domicile, vous pouvez prévenir le Samu social en composant le 115.