Parisot : la prime, un projet mort-né

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Parisot : la prime, un projet mort-né
Le Medef, la CGPME et l'UPA ont réaffirmé lundi leur opposition à l'instauration de la prime "dividendes".@ REUTERS
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Le projet de loi qui devait arriver mardi soir à l'Assemblée est rejeté par le Medef, la CGPME et l’UPA.

La prime aux salariés, c’est non ! Trois organisations patronales, le Medef, la CGPME et l'UPA ont réaffirmé lundi leur opposition à l'instauration d'une prime versée aux salariés des entreprises ayant des dividendes en hausse. Ce projet de loi devait être examiné mardi soir ou mercredi par les députés.

"Les trois organisations patronales interprofessionnelles tiennent à rappeler que ce projet méconnaît la réalité économique des entreprises et l'apport du dialogue social", écrivent-elles dans un communiqué commun.

Envisager un dispositif facultatif et universel

Selon elles, "le versement de dividendes répond à de nombreux critères, et ne dépend pas seulement du niveau du résultat ou de la performance de l'entreprise, contrairement à la participation ou à l'intéressement".

"Le versement d'une prime visant à améliorer le pouvoir d'achat des Français ne peut s'envisager que dans le cadre d'un dispositif facultatif et universel", poursuivent l'UPA, la CGPME et le Medef.

"Il est possible que ce texte passe", a averti Laurence Parisot sur Europe 1, mardi. Mais tout ne sera alors pas réglé. "Ça ne veut pas dire que sa mise en œuvre sera facile, ça ne veut pas dire qu’il y aura de nombreux problèmes juridiques dans les tentatives de mise en œuvre et de nombreux problèmes financiers et comptables", a-t-elle argumenté.

Laurence Parisot pense que la prime n'est pas viable :

Une "nouvelle obligation de négocier"

Les organisations patronales déplorent aussi que la prime "instaure inutilement une nouvelle obligation de négocier alors que le juste équilibre entre les salariés et l'employeur peut être trouvé à l'occasion de la négociation annuelle obligatoire".

"Je demande aux députés de bien peser les conséquences de leur vote parce que s'ils adoptent ce texte, ils laisseront l'Etat s'immiscer dans la gestion des entreprises. C'est ouvrir la porte à une forme de dirigisme", a prévenu, mardi sur Europe 1, Jean-François Roubaud, président de la CGPME.

Lancée mi-avril dans une certaine confusion sous l'appellation "prime à 1.000 euros", cette prime sera obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés qui ont versé à leurs actionnaires des dividendes en hausse par rapport à la moyenne des deux dernières années. Elle devrait concerner quatre millions de salariés. Les syndicats de salariés y sont également opposés. Mais pour d'autres raisons.