Papa n'est (toujours) pas l'égal de maman

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Papa n'est (toujours) pas l'égal de maman
Les années passent, les inégalités demeurent au sujet de la répartition des tâches parentales.@ MaxPPP Max Rosereau
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Une étude montre que les mères s’occupent toujours plus des enfants que les pères.

Les années passent, les inégalités demeurent au sujet de la répartition des tâches parentales. Les mères continuent en effet de s'occuper davantage des enfants que les pères, selon une nouvelle étude publiée mardi.

Celle-ci a examiné les résultats de deux vagues d'une étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined) en 2005 et 2008, auprès d'un petit millier de couples avec au moins un enfant de moins de 14 ans.

Peu de changements dans le partage des tâches

L'observation "montre peu de changement dans le partage des tâches parentales" : les femmes sont toujours "en première ligne", en particulier pour les tâches quotidiennes "contraintes" que sont l'habillage ou les devoirs. Les pères continuent de préférer "les activités plus ludiques et affectives" comme les loisirs, le coucher et l'accompagnement, que ce soit à l'école ou à la danse.

Au total, les femmes consacrent quotidiennement près de deux fois plus de temps aux différentes tâches (4h18) que les hommes (2h16). L'étude mesure le temps global passé par un couple chaque jour à ces tâches: 2h15 pour les taches ménagères (ménage, bricolage, vaisselle), 32 minutes pour les courses, 27 minutes pour s’occuper des enfants, une minute pour les actions bénévoles. L'argument économique est souvent avancé par les couples pour expliquer pourquoi ils font eux-mêmes ces tâches. Selon les chercheurs il coûterait 32% du PIB à un couple de déléguer à une personne extérieure nettoyage et autre coup de vis.

Les naissances ne modifient pas les comportements

Les deux chercheurs de l’université Paris X-Nanterre, à l’origine de l’étude, ont affiné leurs constats en étudiant les facteurs qui ont pu varier entre 2005 et 2008 : naissance, changements professionnels, etc. Au final, soit la répartition reste la même, soit elle a légèrement changé, vers un moindre investissement du père.

Ainsi, une naissance "ne conduit pas systématiquement les pères à prendre davantage part aux activités parentales" et "ils sont même parfois amenés à se mettre en retrait, alors qu'ils étaient auparavant investis". Et "l'autonomie acquise par les enfants", quand ils ont grandi, pousse plutôt les pères à se mettre en retrait par rapport aux mères.

L'étude met toutefois en avant "l'importance de l'activité professionnelle des mères". "Le maintien des mères hors du marché de l'emploi, ou leur mise en retrait, contribuent à maintenir un schéma ‘traditionnel’ où les pères demeurent en seconde ligne".