Paille : le raté du plan sécheresse

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Paille : le raté du plan sécheresse
Des tonnes de paille attendent d'être acheminées dans les régions du centre impactées par la sécheresse.@ MAXPPP
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INFO E1 - La paille de la région parisienne destinée aux éleveurs du centre menace de pourrir.

16.000 tonnes de paille menace de pourrir aux portes de Paris. En cause, un gros raté du plan solidarité lancé en juin dernier. Face à la sécheresse du printemps, le gouvernement avait demandé aux céréaliers de la région Ile-de-France de ne pas broyer les pailles mais de les vendre aux éleveurs en difficulté, notamment dans le Centre et en Auvergne.

Des problèmes d'acheminement

Si les céréaliers ont respecté les recommandations du ministère de l'Agriculture, des problèmes logistiques ne permettent pas un acheminement de la paille dans les régions concernées. Résultat : avec l'arrivée de l'automne, un tiers de la paille de la région parisienne destinée aux éleveurs en difficulté menace de pourrir au bout des champs. Des bottes de paille empilées sans aucune protection contre la pluie attendent depuis deux mois d'être évacuées.

"Des meules de paille, on en a partout en Ile-de-France. 300, 400 meules attendent d'être acheminées. Le problème c'est que ça occupe une certaine surface", commente un céréalier de la région, interrogé par Europe 1.

Ce dernier reconnaît que des moyens logistiques ont été mis en place mais déplore : "tout cela est insuffisant par rapport à l'ampleur du problème". Seulement deux trains par semaine sont dépêchés dans l'Essonne, six camions réalisent des convoyages chaque jour dans les Yvelines et rien n'est prévu dans le Val d'Oise.

Les agriculteurs inquiets

A l'autre bout de la chaîne, les agriculteurs s'alarment du manque de paille. Interrogé par Europe 1, un agriculteur de Haute-Vienne s'inquiète : "La paille est nécessaire avec la sécheresse du printemps. Nous attendons avec impatience celle qui doit arriver."

En juin dernier, Nicolas Sarkozy avait annoncé une batterie de mesures pour aider les agriculteurs confrontés à la sécheresse. Au total, François Fillon avait évalué à "près d'un milliard d'euros" la somme que "la solidarité nationale allait devoir consacrer au soutien des agriculteurs" impactés par une sécheresse inédite dans le pays depuis 1976. L'été pluvieux est venu contrebalancer les prévisions "catastrophiques" du printemps.