Où se trouvent les 72 radars "pièges" ?
La liste des radars de 40 millions d'automobilistes. © CAPTIRE 40 MILLIONS D'AUTOMOBILISTES

CARTE - L'association 40 millions d'automobilistes a recensé 72 radars fixes qu'elle qualifie de "pièges".

Marre de se faire flasher ? L'association 40 millions d'automobilistes publie lundi matin sur son site internet un audit des radars routiers en France, qui dénonce l'utilisation piégeuse de certains d'entre eux, et dont l'efficacité serait loin d'être évidente.

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85 % d'automobilistes opposés aux radars. Pour Pierre Chasseray, le président de 40 millions d'automobilistes, cet audit répond à une question simple : "On voulait comprendre pourquoi, en 2004, les automobilistes étaient aux deux-tiers favorables aux radars, alors qu'aujourd'hui ils sont contre à 85 %", explique-t-il.


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Pour trouver la réponse,  il a lancé fin octobre 2012 un site Internet pour recueillir les témoignages des automobilistes. "Bien loin de récolter des réactions 'antiradaristes', les histoires (...) sont bien celles d'automobilistes qui ne s'opposent pas frontalement au système mais en dénoncent les excès", souligne-t-il. "Ce qui énerve les automobilistes, ce sont les situations piégeuses qui contribuent à donner une image de "radar-tirelire" plutôt que de "radar-sécurité".

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Les "radars-tirelire"… Et selon lui, les exemples d'abus sont nombreux : radars en bas des pentes, zones dont les limitations de vitesse changent sans explication… Tout semble fait pour que les véhicules se fassent flasher aussi souvent que possible.

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© MAXPPP

Le rapport relève ainsi 72 cas précis de "radars pièges", qui semblent plus destinés à renflouer les caisses de l'Etat qu'à protéger la vie des automobilistes. Comme par exemple cette route entre Tours et Le Mans, dans la Sarthe, "limitée à 90 km/h dans le sens Nord-Sud mais qui, dans l'autre sens, pendant 500 mètres, est limitée à 70 km/h. Et c'est bien évidemment là qu'est implanté le radar", raconte ainsi Pierre Chasseray.

"Autre exemple, ce radar situé au sud-est de Montpellier, qui a une particularité : il ne flashe pas à la même vitesse selon l'heure : entre minuit et sept heures, la vitesse est limitée à 110 km/h. Entre 7 et 9, c'est 90 km/h. Ensuite, jusqu'à 17 heures, on repasse à 110, puis à 90 jusqu'à 19 heures. Quel sentiment peut naître de ce genre de situation ?", s'inquiète-t-il encore.

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… Et le "radar sécurité". Mais si plusieurs radars donnent l'impression d'être faits pour piéger les automobilistes, beaucoup ont toutefois pour principal objectif de faire respecter les limitations, et donc de sauver des vies. Pour les reconnaître, Pierre Chasseray a une méthode : "le bon radar, c'est celui qui ne flashe plus, parce que la règle est acceptée par tous".

Il en a d'ailleurs trouvé un exemple. "Ce radar est en Corrèze, et flashe une seule fois dans l'année. Malheureusement, il a été démonté. Les pouvoirs publics ont sans doute considéré qu'il n'était plus utile pour la sécurité routière…"

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© MAXPPP

"Eradiquer le sentiment de piège". Dans son rapport, 40 millions d'automobilistes fait également plusieurs préconisations pour que les radars soient mieux acceptés des conducteurs. "Nous proposons, sur toutes les routes où c'est possible, de doubler les limitations de vitesse, pour permettre de toujours garder un œil sur la vitesse à respecter, même quand on double un camion", insiste Pierre Chasseray.

"Nous souhaiterions également que les radars ne soient plus positionnés tout en bas des descentes, là où on a pris quelques km/h, mais de les remplacer par des radars pédagogiques, qui sont juste là pour adresser un rappel", demande-t-il encore.

"Les radars ne sont pas une pompe à fric". "Les radars ne sont pas là ni pour piéger les gens ni pour faire, comme le dit 40 millions d'automobilistes, une 'pompe à fric pour l'Etat'", a réagi lundi sur Europe 1 Frédéric Péchenard, délégué interministériel à la Sécurité routière. 

"Les radars rapportent de l'argent, c'est incontestable, à peu près 700 millions d'euros l'année dernière mais le coût des accidents de la route (...), c'est 23 milliards d'euros", a expliqué Frédéric Péchenard.