Otages au Sahel:"une bouteille à la mer"?

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Otages au Sahel:"une bouteille à la mer"?
Pascale Robert et Alain Legrand attendent la libération de leur fils.@ Max PPP
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TEMOIGNAGE E1 - Les parents de Pierre Legrand, otage depuis 2010, veulent rompre le silence.

A l'approche de cette triste date anniversaire, les familles ont décidé de sortir de cette réserve recommandée par le Quai d'Orsay. Cela fait bientôt deux ans que l'organisation terroriste al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), retient quatre Français –tous salariés du groupe d'Areva- en otages dans le nord-est du Mali.

Afin que les choses bougent, les familles ont décidé de rompre le silence.

"On laissé faire pendant 2 ans"

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© Max PPP

Pierre Legrand a été enlevé le 16 septembre 2010 dans le nord du Niger. A quelques semaines des deux ans de captivité, Pascale Robert, sa mère, s'exprime pour qu'il ne soit pas oublié.

"On a laissé faire, en confiance, pendant 2 ans. Mais on se doit pour eux d'agir, d'être mobilisés. Ils attendent de nous qu'on les sorte le plus vite possible de là. Ça fait bientôt 700 jours. On sort de ce silence", se justifie Pascale Robert au micro d'Europe 1.

Si la mère de Pierre Legrand commence à perdre patience, elle veut rester optimiste. "C'est peut-être une bouteille jetée à la mer mais on s'est dit, on y va, on se lance. On veut parler d'eux pour que personne ne les oublie et avec l'objectif qu'ils soient libérés très rapidement", martèle Pascale Robert.

>>> A lire : Ils sont otages au Sahel depuis 700 jours

"Qu'il garde courage"

Alain Legrand, le père de Pierre, se bat aussi pour ne pas perdre espoir. Il sait que cette parole désormais libérée des familles, les otages la reçoivent jusque dans leur lieu de détention dans le désert. "Notre seul message, c'est qu'il garde courage.  On fait tout ce qu'on peut pour sa libération. Et pour celles des autres otages", assure Alain Legrand, interrogé par Europe 1.

Un grand rassemblement est prévu prochainement en région parisienne pour commémorer les deux ans de leur enlèvement avec, cet objectif : faire du bruit pour couvrir le silence assourdissant de l'absence. Pascale et Alain, comme les familles des autres otages, n'ont plus de preuves de vie depuis le printemps 2011.