"On prend les armes et on y va"

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"On prend les armes et on y va"
La cité du Clos la Rose avait été le théâtre d'une fusillade mortelle en novembre 2010.@ MaxPPP
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DECRYPTAGE - Un grand flic analyse le banditisme de cités un an après le drame du Clos la Rose.

"Ce soir-là, ils sont allés tirer des rafales de kalachnikov sur le plan du Clos la Rose pour dire : 'vous dégagez, et on prend la place' ". Pour Roland Gauze, le patron de la PJ marseillaise, le drame survenu le 19 novembre 2010 dans une cité de Marseille illustre parfaitement ce qu'est devenu le banditisme de cités. Le soir des faits, un mineur de 16 ans était abattu d'une rafale de kalachnikov devant ses amis. Dans la fusillade, un enfant de onze ans avait reçu une balle dans la mâchoire et avait été grièvement blessé.

Moins d'un an après les faits, trois personnes ont été mises en examen lundi pour "meurtre avec préméditation en bande organisée" notamment. Parmi les mis en cause, deux frères : Nicolas et François Bengler. Ces deux caïds bien connus des services de police pour trafic de drogue avaient à l'époque un objectif : reprendre le contrôle du territoire du Clos la Rose.

"C'est du business hyper agressif"

Pour le patron de la PJ marseillaise Roland Gauze, ce fait divers dépeint une réalité du banditisme des cités sur fond de trafic de drogue et de guerre des territoires. "C'est du business hyper agressif avec une volonté absolue de prendre le territoire coûte que coûte aux équipes adverses", explique-t-il. "Tout est autorisé. Le seul mode de médiation après les premières menaces, ça va être l'enlèvement et la séquestration", ajoute-t-il.

"On est aujourd'hui dans l'impulsif"

Dans le passé, les trafiquants de drogue ne se comportaient pas de la sorte. "Ceux qui perpétraient ce genre d'actes les préparaient beaucoup mieux. On est aujourd'hui dans l'impulsif, voire dans le compulsif. On prend les armes et on y va", juge Roland Gauze.
Reste qu'aujourd'hui, au Clos la Rose, d'autres dealers se sont installés dans les fauteuils au pied des immeubles. Pour la police, l'objectif reste le même : harceler ces équipes de malfaiteurs, les déranger continuellement pour mettre un frein au deal de quartier.