Nucléaire : quand la sécurité laisse à désirer

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Nucléaire : quand la sécurité laisse à désirer
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La visite de parlementaires dans des centrales cette semaine ont démontré des failles.

La France est-elle capable de faire face à un incident nucléaire ? La visite inopinée de parlementaires dans deux centrales cette semaine a mis au jour des défaillances dans les procédures de sécurité. Les exercices n’ont rien dévoilé d’alarmant, mais ont donné lieu à des "situations parfois burlesques".

Le même cas de figure qu’à Fukushima

Le député UMP Claude Birraux, président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), s’est ainsi rendu dans la nuit de mercredi à jeudi dans la centrale de Paluel, en Seine-Maritime, accompagné d’un responsable de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Ensemble, ils ont simulé "une perte totale des alimentations électriques" et du diesel de secours du réacteur numéro 1 qui nécessitait son branchement sur la tranche numéro 2 pour rétablir l'alimentation en énergie. Un cas de figure similaire à celui qui a provoqué l'accident dans la centrale japonaise de Fukushima le 11 mars dernier.

Ce qui coince, c'est qu'il a fallu plusieurs heures aux agents d'astreinte pour réaliser la procédure. Les déconvenues se sont enchaînées, commençant par le manque d’une clef nécessaire pour ouvrir un panneau d'alimentation électrique, actuellement "en commande" et donc pas disponible sur le site. C’est ensuite un problème d’"indications du document de procédure" qui ont ralenti leur action.

Une documentation erronée

Il a ensuite fallu "plusieurs allers et retours" entre la tranche 1 et la tranche 2 pour que les agents de la centrale découvrent qu'une partie des instructions qu'ils ont entre les mains sont "inexactes". Le jugement de l’ASN est, lui, sans appel : le guide technique d'EDF pour cette procédure, daté de décembre 2008, comporte de "nombreuses erreurs" et "lacunes", et il n'était "à l'évidence pas opérationnel".

Claude Birraux a toutefois tenu à souligner que les exploitants ont été animés par "un haut de degré de responsabilité". Et d’insister : "il est important de signaler que le personnel a su se poser de bonnes questions, n'est jamais resté bloqué devant ces situations parfois burlesques, et au final réussissait à progresser dans ce guide technique qu'il n'hésitait pas à critiquer lui-même ouvertement".

Une autre inspection, menée cette fois-ci par le sénateur UMP et vice-président de l'Opecst Bruno Sido à la centrale du Blayais, en Gironde, a là encore mis en lumière les difficultés des agents à se repérer au milieu des documents d'EDF décrivant les consignes à suivre en cas d'incident. Alors que l’Autorité de sûreté nucléaire leur demandait "quel est le critère conduisant à l'arrêt du pompage d'eau en cas d'inondation ?", les quatre agents en poste n’ont pu y répondre qu’une demi-heure plus tard. La raison ? La réponse était mal rubriquée.