Nucléaire : "défaillance", le mot est dit

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Nucléaire : "défaillance", le mot est dit
Les autorités ont usé du conditionnel avant de reconnaître des "défaillances" en fin de journée.@ MAXPPP
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Après avoir usé du conditionnel, les autorités ont admis des "défaillances" lundi soir.

Depuis l'annonce de l'intrusion de militants de Greenpeace lundi matin dans la centrale nucléaire d'EDF à Nogent-sur-Seine, la position des autorités a évolué. Europe1.fr redéroule sur le fil des déclarations officielles de la journée.

8h30 : Besson parle de "dysfonctionnements"... avec des si. Une heure après l'annonce de l'intrusion de Greenpeace, le ministre français de l'Industrie est le premier à réagir. "Si l'enquête confirme (que Greenpeace est entré dans la centrale), cela veut dire qu'il y a eu dysfonctionnements et qu'il faudra prendre des dispositions pour que ça ne se reproduise pas", déclare alors le ministre sur France Info.

9h45 : les Greenpeace ont été "immédiatement détectée", assure EDF. Les militants de Greenpeace "ont été immédiatement détectées par le dispositif de sécurité et leur cheminement a été suivi en permanence sur le site, sans qu’il soit décidé de faire usage de la force, indique le groupe d'énergie dans un communiqué. Sept des neuf personnes "ont été appréhendées dans le calme par la gendarmerie". L'intrusion "n'a eu aucune conséquence sur la sécurité des installations", précise encore EDF.

11h31 : l'Intérieur nie toute "mise en péril" de "l'intégrité des installations". Un porte-parole du ministère de l'Intérieur assure qu'à "aucun moment, l'intégrité des installations nucléaires n'a été mise en péril" par l'intervention des militants de Greenpeace. Il annonce aussi qu'une fouille "approfondie" de toutes les centrales et installations nucléaires en France est en cours.

11h48 : l'Intérieur affirme que tous les militants ont été interpellés. "A Nogent, ils étaient neuf, les deux derniers viennent d'être interpellés", déclare le porte-parole du ministère de l'Intérieur Pierre-Henry Brandet.

12h05 : EDF assure que seule la centrale de Nogent-sur-Seine a été envahie. "Il n’y a pas de trace d’intrusion sur d’autres centrales nucléaires d’EDF", affirme EDF dans un nouveau communiqué alors que l'organisation écologiste Greenpeace a affirmé plus tôt avoir des militants "dans d'autres installations nucléaires".

12h46 : "aucun dysfonctionnement", estime le directeur du site de Nogent-sur-Seine. "Ils ont été repérés par les alarmes dès qu'ils ont cisaillé le premier grillage... Tout s'est passé conformément aux procédures tel que cela devait se passer", assure Hervé Maillart le directeur du site de Nogent-sur-Seine pour qui il n'y a eu "aucun dysfonctionnement". "La réaction a été proportionnée au degré de danger. On avait repéré que c'était des militants de Greenpeace, pacifistes", a-t-il précisé, soulignant que toutes les interpellations s'étaient faites "dans le calme". Le directeur a, en outre, expliqué que le temps mis pour interpeller les neuf militants s'expliquait par la taille du site (262 hectares) et le fait qu'ils étaient "entraînés".

15h50 : Guéant admet des "défaillances" dans la sécurité. "Il est clair que cela révèle des défaillances dans notre dispositif", reconnaît Claude Guéant en milieu d'après-midi en marge d'un déplacement à Paris. "Toutes les leçons doivent en être tirées pour que ce dispositif soit encore plus étanche qu'il ne l'est aujourd'hui", a plaidé le ministre de l'Intérieur. "Il n'est pas normal que des personnes puissent entrer sur un site hautement sécurisé comme l'est une centrale nucléaire, même si les experts font remarquer à juste titre que ce n'est pas pareil qu'un cas réel ou les réactions des forces de l'ordre ne seraient pas de la même nature que celles qu'elles ont adoptées ce matin", a ajouté Claude Guéant.

15h52 : Sarkozy juge "assez irresponsable" l'action de Greenpeace. "C'est assez irresponsable de prendre des risques avec sa vie et avec la vie des autres", a commenté le président français lors d'une conférence de presse sur la crise au côté d'Angela Merkel. "S'agissant de la sûreté nucléaire, nous publierons absolument la totalité des audits", "la transparence nous la devons aux Français", a encore dit Nicolas Sarkozy.