Nucléaire : ce que recommande l'ASN

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Nucléaire : ce que recommande l'ASN
L'Autorité de sûreté nucléaire a rendu jeudi son rapport annuel 2011.@ MAXPPP
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ZOOM - L'Autorité de sûreté nucléaire a présenté ses préconisations post-Fukushima.

Globalement, le nucléaire français obtient un satisfecit. Mais sur certains points, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui a présenté son rapport 2011 jeudi, se montre tout de même inquiète. Deux centrales sont notamment pointées du doigt, celles de Chinon, dans l'Indre-et-Loire, et celle de Saint-Alban, dans l'Isère. L'ASN s'inquiète aussi de la façon dont certaines technologies nucléaires sont utilisées et préconise de lourds travaux pour sécuriser les installations nucléaires. Europe1.fr fait le point sur les problèmes pointés par le gendarme français du nucléaire.

Deux centrales dans le viseur. Sur les 2.071 inspections menées en 2011, deux se détachent de façon défavorable : celles des centrales de Chinon, dans l'Indre-et-Loire, et de Saint-Alban, dans l'Isère. Le directeur de cette dernière a même été convoqué par l'ASN. En cause : des défaillances sur la protection de l'environnement. Le rapport note que le site est en "queue de peloton" depuis plusieurs années en ce qui concerne le respect des procédures de sécurité. La centrale de Chinon, elle, est de son côté "en retrait" en matière de radioprotection.

Travaux "massifs" en vue. Après avoir annoncé, en janvier, la nécessité de travaux dans les installations nucléaires françaises, l'ASN précise aujourd'hui le calendrier et les dispositions. Les 58 réacteurs d'EDF devront ainsi être équipés d'un "noyau dur", un système d'alimentation électrique de secours "bunkerisé", avec des moteurs diesel, qui permettra la poursuite des fonctions vitales en cas d'accident grave. Une première série de ces moteurs devra avoir été installée dès la fin 2013 et l'installation complète est prévue pour 2018. Le montant de la facture est estimé à environ 10 milliards d'euros par EDF.

Une force d'élite du nucléaire. Quant à la Force d'action rapide nucléaire (Farn), ce groupe d'élite qui devra pouvoir intervenir en moins de 12 heures sur plusieurs réacteurs d'une centrale, elle devra être totalement opérationnelle au plus tard fin 2014. Dès la fin 2013, elle devra être capable d'intervenir sur un seul réacteur. 

Le nucléaire de "proximité". Les centrales ne sont pas le seul sujet de préoccupation de l'ASN : le gendarme du nucléaire s'inquiète aussi du nucléaire de "proximité", qui pourrait faire courir des risques à la population. "Une de nos préoccupations, c'est l'augmentation des doses de rayonnements ionisants qui sont délivrés aux patients en France", s'alarme l'ASN, rappelant que le recours à l'imagerie médicale a augmenté de 50% en 5 ans. 

Autre source d'inquiétude, la gammagraphie. Cette technique utilisant des rayons gamma permet de contrôler des infrastructures et des monuments. Mais après plusieurs incidents recensés en 2011, l'ASN s'émeut des risques pour les travailleurs.