Noyade: un chiffre inquiétant mais stable

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Noyade: un chiffre inquiétant mais stable
47% des accidents ont lieu en pleine mer, 15% en piscine (tous types confondus), 11% en plan d'eau, 22% en cours d'eau et 5% dans d'autres lieux.@ MAXPPP
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Malgré la prévention et une législation durcie, trois personnes meurent en moyenne par jour.

C’est un chiffre pour le moins inquiétant. Entre le 1er juin et le 26 juillet, 172 personnes ont trouvé la mort en France par noyade. Soit trois par jour en moyenne, selon l'enquête Noyades 2012 menée par l'Institut de veille sanitaire (InVS). "Depuis le 1er juin, 27 jeunes de moins de 20 ans sont décédés, et parmi ceux-ci cinq décès d'enfants de moins de six ans, dont deux en piscine privée familiale", précise l'InVS.

Et parmi les 409 cas accidentels, dont 172 fatals, "47% ont eu lieu en mer, 15% en piscine (tous types confondus), 11% en plan d'eau, 22% en cours d'eau et 5% dans d'autres lieux (baignoires, bassins...)".

Les mesures de sécurité durcies

Pourtant, depuis dix ans, la législation sur la sécurité autour des piscines s’est durcie, et les autorités ont multiplié les campagnes de protection. En vain, car le chiffre des décès reste stable "Certains d’entre nous n’imaginent pas le risque", explique pour Europe 1 Bertrand Thélot, de l’InVS.

"Et quand on se noie, c’est quatre fois sur cinq parce qu’on était en train de se baigner. Donc les protections des piscines privées, les systèmes d’alarme, les volets roulants… ça ne peut avoir d’efficacité que dans le cas sur cinq où on tombe dans l'eau ", poursuit l’expert, médecin responsable de l'enquête noyade pour l'InVS.

"La prévention, à reconstruire chaque année"

Pour tenter de faire baisser le nombre de noyés, les autorités misent encore et toujours sur la prévention. L’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) vient d’ailleurs de publier sur son site Internet la brochure "Mode d'emploi de la baignade" un  "b.a.-ba" de la baignade sans risques. "La prévention, c’est quelque chose à reconstruire chaque année. Ça renforce le message chez ceux qui l’ont déjà entendu, et ça transmet le message à ceux qui ne l’ont pas encore entendu", assure Bertrand Thélot.

Le médecin livre quelques conseils pour éviter les drames. "Ça dépend beaucoup de l’âge. Chez les tout-petits, la noyade, c’est un enfant qui n’est pas surveillé de près par un adulte", rappelle-t-il. "Chez les personnes un peu plus âgées, au-delà de 55, 60 ans, il faut rentrer dans l’eau plus doucement et on continue à nager, mais on nage de préférence là où on a pied."