Nouvelle révision d'erreur judiciaire ?

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Nouvelle révision d'erreur judiciaire ?
Abderrahim El-Jabri et Abdelkader Azzimani, condamnés pour meutres, pourraient obtenir la révision de leur procès.@ MAXPPP
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Deux hommes condamnés pour meurtre en 2003 ont obtenu lundi la saisine de la Cour de révision.

Il aura fallu une série de rebondissements et le soutien sans faille de plusieurs personnes pour qu'Abderrahim El-Jabri et Abdelkader Azzimani retrouvent l'espoir. Ces deux hommes, condamnés à vingt ans de prison pour un meurtre en 1997 qu'ils ont toujours nié, pourraient être blanchis. La Cour de révision, seule habilitée à réviser les condamnations pénales, a été saisie lundi de leur cas.

"J'ai l'impression d'être vidé"

La Cour devra donc trancher et dire si elle annule ou pas leur condamnation prononcée en 2003. Elle pourrait également ordonner un nouveau procès. Cette procédure extrêmement rare n'a abouti qu'à sept acquittements depuis 1945. "Je ressens une émotion tellement forte que j'ai l'impression d'être vidé", a commenté Abderrahim El-Jabri, après l'annonce de la décision.

Au cours de leur parcours du combattant judiciaire, Abderrahim El-Jabri et Abdelkader Azzimani ont notamment pu compter sur le coup de pouce d'une greffière qui a empêché que les scellés de l'enquête initiale soient détruits. Sur l'une des pièces à conviction, les enquêteurs ont retrouvé des traces d'ADN. Versées au fichier des empreintes génétiques plus de dix ans après le meurtre, elles avaient enfin parlé : l'ADN correspondait à celui d'un manutentionnaire de 30 ans, placé en garde à vue quelques temps plus tôt dans une petite affaire de drogue. L'homme, et son complice, ont fini par avouer le meurtre l'an dernier.

"L'enquête a été bâclée dès le départ"

Pour Abdelkader Azzimani, qui a passé douze ans derrière les barreaux, le soulagement est immense. "Comme on avait avoué dès la première heure de garde à vue qu'on avait rencontré la victime juste avant [le meurtre] et comme on est des maghrébins, les gendarmes ne voulaient pas se casser la tête. Ils avaient deux [suspects] et ils se sont arrêtés là", avait-il dénoncé sur Europe 1 avant l'annonce de la saisine de la Cour. "L'enquête a été bâclée dès le départ. Je n'ai pas la haine, mais je suis très en colère", poursuit Abdelkader Azzimani, qui se décrit comme "le coupable idéal".

Pour la première fois depuis longtemps, Abdelkader Azzimani et Abderrahim El-Jabri se laissent donc aller à l'optimisme.  "Tout le monde est d'accord aujourd'hui pour dire qu'ils sont innocents, comme tout le monde était d'accord en 2003 pour les rendre coupables d'un meurtre odieux", conclut Me Jean-Marc Darrigade, l'un de leurs avocats.