Nourrissons morts à Chambéry: un labo identifié

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Nourrissons morts à Chambéry: un labo identifié
@ MaxPPP
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SANTÉ - Une enquête confiée au pôle de santé publique de Marseille doit déterminer l'origine de la contamination.

L'enquête progresse après la mort de trois nourrissons à l'hôpital de Chambéry, en Savoie, début décembre. Le fournisseur des poches alimentaires suspectées d'être à l'origine de la mort des nouveau-nés a été identifié. Il s'agit du laboratoire Marette, situé à Courseulles-sur-mer dans le Calvados. La société est donc en train de "procéder à des vérifications" pour savoir si le germe vient bien de ses produits. Ou s'il provient d'une manipulation des poches alimentaires au sein de l’hôpital. L'enquête sanitaire en cours doit permettre de déterminer à quel moment les poches incriminées ont été contaminées. Le parquet de Chambéry s'est dessaisi de l'affaire au profit du pôle de santé publique de Marseille "au regard de la technicité de l'affaire".

Que reproche-t-on au laboratoire ? La société Marette est suspectée d'avoir fourni à l'hôpital de Chambéry des poches alimentaires contenant un germe mortel pour les nourrissons. Ces derniers, nourris par perfusion, ont en effet été contaminés par la nourriture contenue dans les poches. Les trois nourrissons, parmi lesquels deux prématurés, sont morts les 6, 7 et 11 décembre. Un quatrième, qui présentait des symptômes identiques, a pu être sauvé in extremis. Tous les lots de produits mis en cause ont donc été retirés.

Marette procède à des vérifications. La question consiste à présent à savoir si le laboratoire Marette a bien fabriqué les poches incriminées. Lundi, le laboratoire normand a reconnu avoir fourni des poches alimentaires à l'hôpital, mais assuré que rien ne permettait de mettre en cause la réputation de l'établissement à l'heure actuelle. "L'enquête administrative et judiciaire n'a mis en lumière aucun élément susceptible de mettre en cause la réputation et le professionnalisme de ce laboratoire", a indiqué l'avocat du laboratoire, Matthieu Lemaire. "Le laboratoire Marette achète des poches, qui sont le contenant" et "a pour mission de réaliser les solutés, c'est-à-dire le contenu, qui est intégré dans ces poches et ensuite les poches sont livrées" aux hôpitaux, a expliqué l'avocat.

De nombreux acteurs suspectés. "Il va falloir rechercher les multiples causes", a fait valoir l'avocat, évoquant les "très nombreux acteurs qui entrent en ligne de compte (...) du stade de la fabrication au stade des soins prodigués à ces trois enfants". Un discours confirmé dimanche par la ministre de la Santé. Marisol Touraine a en effet souligné que c'était "toute la chaîne depuis la fabrication jusqu'à l'administration du contenu des poches" qui faisait l'objet "d'enquêtes multiples". De son côté, le laboratoire Marette a été inspecté les 17, 18, 19 décembre 2013, par des inspecteurs de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), selon l'avocat. Par ailleurs, l'avocat a précisé qu'aucune demande d'interruption de l'activité du laboratoire n'avait été formulée "à ce jour".

Marseille reprend le dossier. Le parquet de Chambéry a annoncé lundi se dessaisir du dossier au profit du pôle de santé publique de Marseille "au regard de la technicité de l'affaire". Le pôle de santé publique de Marseille est l'une des deux juridictions à compétence interrégionale spécialisées en matière sanitaire avec le pôle de Paris. C'est la juge d'instruction Annaïck Le Goff qui a été saisie du dossier. Elle enquête déjà sur un pan de l'affaire des prothèses mammaires PIP ainsi que sur un trafic de viande de cheval impropre à la consommation.

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