ND-des-Landes: la commission critiquée

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ND-des-Landes: la commission critiquée
Les heurts entre manifestants et gendarmes se sont prolongés dans la nuit de samedi à dimanche.@ REUTERS
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La commission annoncée par Jean-Marc Ayrault suscite la méfiance des opposants au projet.

Jean-Marc Ayrault semble prêt à négocier. Le Premier ministre a annoncé samedi soir l'ouverture prochaine d'une "commission du dialogue" sur le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, afin de relancer le débat sur son impact, notamment écologique. Une volonté d'apaisement qui, pour l'instant, n'a pas vraiment atteint son but.

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Certains se félicitent bien de la décision du gouvernement, comme notamment Europe Ecologie-Les Verts, qui a salué dans un communiqué "une excellente nouvelle". "Remettre autour de la table toutes les parties prenantes est évidemment nécessaire et permettra de donner à ce débat toute l'envergure au fond, et toute la clarté dans la forme, qu'il mérite", a encore précisé le parti.

Peu d'enthousiasme autour de la commission

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© Reuters

Mais en dehors des écologistes, difficile de trouver quelqu'un d'enthousiaste. Les opposants au projet, qui occupent depuis une semaine la zone où doit être construit l'aéroport, se montrent méfiants : "nous jugerons si les propositions de Jean-Marc Ayrault sont de bonne foi ou si c'est une nouvelle tactique politicienne comme celles qui caractérisent le PS", a ainsi averti Julien Durand, porte-parole de l'Acipa principale organisation d'opposants. Surtout, il demande le retrait des forces de l'ordre avant le début des négociations.

Un avis partagé par le CeDpa, le comité des élus opposés à l'aéroport, dont plusieurs membres se sont enchaînés à la préfecture dimanche après-midi pour obtenir le retrait des gendarmes. Les confrontations dans les bois de Notre-Dame-des-Landes ont fait huit blessés samedi.

"Rétropédalage" pour la droite

A droite, on parle carrément de rétropédalage de la part du gouvernement. Alain Juppé, invité du Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien/iTélé, a par exemple parlé de reculade : "depuis plusieurs semaines, nous entendons le président, le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur dire 'nous ne cèderons pas'. (…) Et aujourd'hui, parce qu'on voit bien qu'il y a blocage et même violences sur le terrain : reculade, on crée une commission, c'est-à-dire qu'on diffère le projet", a-t-il regretté.

De son côté, l'UDI de Jean-Louis Borloo demande carrément au gouvernement d'abandonner son projet d'aéroport. "Le gouvernement aura beau faire de la concertation son leitmotiv, il donne un bien mauvais exemple", indique le parti dans un communiqué. "La méthode gouvernementale a fait l'impasse sur la démocratie participative et la recherche du consensus. Nous regrettons l'intransigeance des méthodes du gouvernement qui ne mènent qu'à la division et à la violence", ajoute-t-il encore.

Le gouvernement défend son projet

Dimanche, Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, a tenté d'expliquer qu'il ne s'agissait pas d'une reculade : "il ne s'agit aucunement de revenir sur le projet d'aéroport", a-t-elle expliqué sur Radio J, précisant également que le projet était en préparation depuis déjà dix ans et que la police interviendrait "chaque fois qu'il le faudra". Mais face à la contestation grandissante, l'équipe de Jean-Marc Ayrault semble de plus en plus isolée…