Arno Klarsfeld et ses parents seront à Nantes mercredi pour appeler à l’interdiction du spectacle de l’humoriste controversé.

Ils seront probablement en tête de cortège, mercredi à Nantes. La famille Klarsfeld a décidé de se rendre mercredi à Nantes pour participer à la manifestation appelant à l’interdiction du spectacle de Dieudonné au Zenith de la ville de Loire-Atlantique. "On va à Nantes tous les trois", a affirmé l’avocat lui-même violemment pris à partie dans une vidéo postée mardi soir sur le compte YouTube de l'humoriste réputé pour ses nombreux dérapages antisémites. Le célèbre couple de "chasseurs de nazis" composé par ses parents Serge et Beate Klarsfeld sera donc également de la partie.

"Il fédère les antisémites de tous bords". C’est au nom des Fils et filles des déportés juifs de France que la famille se rendra mercredi à Nantes. "Il est légitime et normal quand quelqu'un tient des discours antisémites et dit que pas assez de juifs ont été gazés dans les chambres à gaz, que des gens se lèvent pour manifester", a expliqué Arno. "Les gens qui vont voir Dieudonné y vont pour entendre casser du juif, il fédère les antisémites de tous bords, qu'ils soient islamistes, d'ultra-gauche ou du noyau de l'extrême-droite", a-t-il encore estimé. "Ses spectacles sont donc des meetings politiques à caractère antisémite".

"Je remercie Manuel Valls". L’avocat a également tenu à soutenir le ministre de l’Intérieur, qui étudie depuis la semaine passée la possibilité de faire interdire les spectacles de Dieudonné à la suite d'un nouveau dérapage antisémite contre le journaliste de France Inter Patrick Cohen. "Je remercie Manuel Valls pour ses prises de position", a assuré Arno Klarsfeld. Dieudonné doit à l'Etat 65.000 euros issus notamment de ses amendes pour propos racistes ou antisémites, dont plus de 37.000 euros en condamnations définitives qu'il n'a pas réglées.

Des soucis dans plusieurs villes. Plusieurs maires des villes se trouvant sur le chemin de la tournée que l’humoriste entame début janvier à Nantes ont demandé que ses spectacles soient interdits : outre Nantes, Marseille, Limoges en début de semaine, puis Nancy et Metz jeudi ou encore Tours vendredi. En début de semaine à Nantes, entre 4.500 et 5.000 places avaient été vendues sur les 6.000 disponibles, selon la direction du Zenith.