Montpellier : l'étrange mail de la police aux hôteliers

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Montpellier : l'étrange mail de la police aux hôteliers
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POLÉMIQUE - Dans un mail, la PJ demande aux patrons d'hôtels de surveiller les clients originaires d'Europe de l'Est. Une consigne qui passe mal.

Délation ou civisme ? C'est tout le débat de la polémique déclenchée par la police judiciaire de Montpellier. Les fonctionnaires ont envoyé un mail demandant aux hôteliers du Languedoc-Roussillon et du Vaucluse de leur "signaler l'arrivée" d'individus "originaires d'Europe de l'Est". Pour la police, il s'agit de mieux lutter contre la délinquance organisée qui sévit dans la région. Mais les patrons d'hôtels, y voit, eux, une forme de délation.

"Un appel à la délation". Dans ce mail, qui s'apparente presque à un avis de mission, les commerçants sont fortement invités à appeler la police pour signaler l'arrivée des personnes seules, en groupe, ou même en famille, originaires d'Europe de l'Est. Le courrier électronique préconise même aux hôteliers de livrer la plaque d'immatriculation des personnes visées.
Pour Jacques Mestre, le porte-parole des professionnels de l’hôtellerie, ce mail est clairement un appel à la délation. "On ne peut pas aller trop loin, sauf pour des cas bien précis. On ne peut pas faire ça, surtout quand on ne comprend pas ce qu'ils disent. On pourrait nous attaquer pour délit de faciès", estime-t-il au micro d'Europe 1.

"Une forme de complicité passive". Mais pour la police judiciaire de Montpellier il s'agit simplement de lutter contre le cambriolage en bande organisée et le proxénétisme. Pour Bruno Bartocetti, le responsable régional d'Unité SGP Police-FO, cette démarche est juste citoyenne.

"Un gérant d'hôtel, s'il accepte que, dans son établissement, puisse s'installer des réseaux, des proxénètes et des voyous ; et que, sous couvert d'idéologie et de principes républicains, ce dernier ne doit pas aviser les service de police et de préfecture, je me demande si, inconsciemment, il ne bascule pas dans une forme de complicité passive", réagit-il au micro d'Europe 1.

Une rencontre prévue lundi matin. Une accusation "goutte d'eau" pour la délégation des hôteliers, qui espère rencontrer lundi matin la direction de la police de Montpellier, pour s'expliquer et apaiser les tensions.