Montigny-lès-Metz : Heaulme sera jugé

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Montigny-lès-Metz : Heaulme sera jugé
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La Cour de cassation a validé le renvoi aux assises du tueur en série pour le meurtre de deux enfants.

Francis Heaulme sera bien jugé pour le double meurtre de Montigny-lès-Metz. La Cour de cassation a validé mardi le renvoi aux assises du tueur en série pour le meurtre de deux enfants de huit ans en 1986. Depuis des années, le "routard du crime", déjà condamné à la prison à perpétuité, nie être responsable de la mort de Cyril Beining et Alexandre Beckrich dans cette petite ville de Moselle, en 1986.

Mettre fin à des soupçons persistants. En octobre 2012, le parquet général de Metz avait fait une demande en ce sens. Car de nombreux éléments intriguent sur le rôle de Francis Heaulme dans cette affaire. Une énigme judiciaire qui avait conduit Patrick Dils en prison, avant d'être acquitté il y a une dizaine d'années. Cette comparution de Francis Heaulme pourrait marquer ainsi l'épilogue judiciaire d'une affaire vieille de près de 30 ans.

Un meurtre d'une grande violence. L'affaire, l'une des plus médiatisées des trente dernières années, avait particulièrement marqué, notamment en raison de la violence du meurtre. Les corps de Cyril Beining et Alexandre Beckrich, tous deux âgés de 8 ans, avaient été retrouvés à proximité d'une voie ferrée, le crâne fracassé à coups de pierre. Rapidement interpellé, un suspect âgé de 16 ans, nommé Patrick Dils, avoue le double meurtre avant de se rétracter. Il sera condamné à deux reprises avant d’être acquitté en 2002 lors d’un procès en révision.

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Francis Heaulme sur les lieux du crime. En 1997, un nouvel élément du dossier établit un lien entre Francis Heaulme et le double meurtre. Le gendarme Jean-François Abgrall, qui a traqué le tueur en série pendant des années jusqu’à son arrestation en 1989, a pu établir que le "routard du crime" était à Montigny-lès-Metz au moment des faits. Francis Heaulme travaillait en effet dans une entreprise de maçonnerie, située à 400 mètres des lieux du crime. Mais le tueur du crime a toujours contesté l'objectivité du gendarme qui avait recueilli en 1992 ses confidences. 

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De nouveaux éléments contre lui. Une nouvelle information judiciaire avait alors été ouverte en 2003, conduisant à la mise en examen en 2006 de Francis Heaulme. Après avoir plusieurs fois reconnu être monté sur la butte le jour où les deux enfants avaient été tués et admis avoir "retourné l'un des deux corps", Francis Heaulme était ensuite revenu sur ses déclarations et avait nié être à Montigny le jour du crime. Faute de charges suffisantes, il avait obtenu un non-lieu en 2007, avant que la justice n'ordonne deux suppléments d'information successifs, en 2008 et 2009.

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Entre temps, de nouveaux témoignages sont venus appuyer l'accusation. Lors de l'audience devant la chambre criminelle le 11 juin, l'avocat général avait assuré que les déclarations du gendarme avaient été bien vérifiées. Conformément à l'avis de l'avocat général et de la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Metz, la Cour de Cassation a donc décidé mardi que ces éléments sont suffisants pour renvoyer Francis Heaulme devant les assises.