Monflanquin : "la méthode du serpent"

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Monflanquin : "la méthode du serpent"
Le procureur, qui a requis dix ans de prison à l'encontre de Thierry Tilly, a parlé de "méthode reptilienne" au sujet du prévenu.@ Maxppp
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Les reclus de Monflanquin ont accueilli favorablement la peine requise contre Thierry Tilly.

Le réquisitoire du procureur dans l’affaire des reclus de Monflanquin a été implacable. Jeudi, lors de l’avant-dernier jour du procès, il a demandé dix ans de prison contre Thierry Tilly, poursuivi pour avoir escroqué onze membres d'une famille d'aristocrates du Sud-Ouest qu'il aurait manipulés pendant près d'une décennie. Dix ans, "c'est la peine de réclusion à laquelle les de Védrines ont été condamnés", a justifié le magistrat.

"La méthode du serpent"

Thierry Tilly, surnommé le "gourou" dans cette affaire, a été vu par l'accusation comme "le principal bénéficiaire de la manipulation", le procureur parlant de "méthode reptilienne". Pour Guillemette Delphino, qui fut l'une des reclus de Monflanquin, le procureur a vu juste. "C’est la méthode du serpent", estime-t-elle au micro d’Europe 1. Thierry Tilly est selon elle "quelqu’un de machiavélique qui a su s’infiltrer dans notre famille et dans chacun des individus".

Pendant près d'une décennie, les onze membres de la famille de Védrines se sont cloîtrés dans leur château et ont perdu leurs biens pour un préjudice estimé à 4,5 millions d'euros. "Ce fut dix ans d’emprisonnement psychologique, mais aussi physique", se souvient Guillemette Delphino.  Pour cette raison, "le procès, c’est une étape essentielle dans notre reconstruction", explique Guillemette Delphino.

"C’est complètement injuste"

Reste que, du côté de la défense, le réquisitoire a du mal à passer. "C’est complètement injuste", s’offusque Me Alexandre Novion, l’avocat de Thierry Tilly, sur Europe 1. "Pour moi, dix ans, c’est la plume de paon dont la vengeance se décore, c’est le masque de la colère déguisé en justice", déplore l’avocat, tout en regrettant qu’ "aucune circonstance atténuante" n’ait été retenue en faveur de son client.

"Le but, c’est quand même qu’à la fin, il n’y ait pas un pauvre type qui prenne dix ans parce qu’il doit emporter toute la pénalité de cette affaire", a-t-il conclu. Une thèse que Me Alexandra Novion tentera de défendre vendredi dans sa dernière plaidoirie.

Contre  Jacques Gonzalez, l’autre prévenu de cette affaire et complice présumé du "gourou", le procureur a fait preuve de plus de mansuétude, réclamant cinq ans de prison, dont un avec sursis, sans mandat de dépôt.