Moins de précarité pour les auxiliaires de vie scolaire

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Moins de précarité pour les auxiliaires de vie scolaire
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault va présenter jeudi après-midi un plan qui devrait prévoir notamment des titularisations en CDI pour les auxiliaires de vie scolaire (AVS).@ Maxppp
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Plus de 28.000 personnes aidant les élèves handicapés vont être titularisées et une formation sera créée.

L'annonce. Les auxiliaires de vie scolaire (AVS), ces personnes qui accompagnent et aident les élèves en situation de handicap à l’école, ont-elles obtenu gain de cause, dans leur lutte contre la précarité de leur fonction ? Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a présenté jeudi un plan, qui prévoit notamment 28.000 titularisations en CDI, pour cette profession où les contrats courts et souvent à temps partiel étaient jusqu'à présent les seuls rois.

Pas de métier, mais une fonction. Il y a aujourd’hui 50.000 auxiliaires de vie scolaire, de l’école au lycée, qui accompagnent en classe 70.000 enfants handicapés (soit à peine 47% du total de ceux qui sont scolarisés). Ils les aident à faire des exercices, à prendre des notes. Mais auxiliaire de vie scolaire n'est pas un métier. C'est une "fonction", qui dépend de contrats à durée déterminée signés par l’Éducation nationale, souvent à temps partiels, rémunérés entre 500 et 900 euros par mois. Et quand ces contrats se terminent, sans être renouvelés, l’enfant doit se réhabituer à quelqu’un d’autre. Au moins tous les six ans, puisque c'est la durée cumulée maximale autorisée pour employer quelqu'un avec ce type de contrats.
978x489 LeLab - Jean-Marc Ayrault, garde d'enfants

Les familles en soutien. D’année en année,  beaucoup de familles dénoncent donc cette grande précarité,  source d’instabilité permanente pour leurs enfants. "On attend enfin qu'il y ait un statut reconnu pour les AVS, qui travaillent auprès de nos enfants : des CDI dignes de ce nom, aux 35 heures, avec lesquels le salarié pourra vivre de son travail, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui", témoigne ainsi Sophie Cluzel, de la Fédération de familles d’enfants handicapés, jeudi au micro d'Europe1. "L'intérêt des enfants, c'est d'avoir un professionnel qui vit de son salaire, n'a pas de problème de contrat et se consacre pleinement à sa tâche, des professionnels stables, pérennes et reconnus", renchérit-elle.

Qu'est-ce qui va changer ? "Les 28.057 assistants d'éducation qui exercent ces missions d'accompagnement des élèves en situation de handicap se verront proposer un contrat à durée indéterminée au terme de leurs six ans d'exercice en contrat à durée déterminée", ont annoncé jeudi les services du Premier ministre dans un communiqué. Cela devrait représenter pour la rentrée 2014 3.000 CDI, qui se verront proposer un contrat de droit public sans pour autant devenir fonctionnaires. Au total, "le coût sera supportable pour le budget de l'Education nationale", a indiqué George Pau-Langevin, ministre déléguée à la Réussite éducative, sans le chiffrer.

Une formation renforcée. Par ailleurs les 26.000 AVS en contrats aidés se verront proposer une "formation renforcée". Un nouveau diplôme d'Etat sera créé, marquant une reconnaissance officielle de ce métier, tandis que les étudiants des nouvelles Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation (Espé) seront formés à la prise en charge des enfants handicapés. Pour Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée en charge du handicap, "c'est une première étape". Un rapport remis en juin proposait de créer une fonction plus large d' "Accompagnant de Jeune Handicapé" (AJH), qui couvrirait tous les lieux de vie, du domicile à l'établissement scolaire, en passant par les transports, les lieux de loisirs, etc. "Cela peut être une perspective à moyen terme", a estimé Mme Pau-Langevin, soulignant que cela nécessite un accord avec les collectivités locales, responsables des activités périscolaires. "Il est ainsi mis fin à une situation absurde et inacceptable."