Moines de Tibéhirine : à quoi vont servir les autopsies ?

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Moines de Tibéhirine : à quoi vont servir les autopsies ?
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Le juge Trévidic a obtenu l'autorisation d'Alger d'enquëter sur place. doit donc se rendre en Algérie pour procéder à l'autopsie des crânes.

L'INFO - Va-t-on en savoir plus sur les conditions de la mort des moines de Tibéhirine, enlevés et tués en Algérie en 1996 ? La justice algérienne semble en tout cas avoir entendu la demande de François Hollande d'aller jusqu'au bout de l'enquête sur ces assassinats. Alger a en effet donné son feu vert pour autopsier en 2014 les têtes des sept religieux. Le juge Trévidic doit donc se rendre dans les prochains mois en Algérie, avec une équipe d'experts français, pour procéder à l'autopsie des crânes.

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Les faits. Les moines de Tibéhirines ont été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, dans leur monastère isolé, près de Medea, au sud d'Alger. Les têtes des moines avaient été retrouvées le 30 mai au bord d'une route de montagne. Mais leurs corps ne l'ont jamais été, ce qui a alimenté des rumeurs sur les conditions de leur décès. Pour certains, cette absence de dépouilles visait en effet à masquer les causes de leur mort.

Alger affirme depuis le début de l'affaire que les sept moines ont été décapités par des islamistes qui les avaient enlevés. Une thèse qui a été confortée par une revendication du Groupe islamique armé (GIA). Mais après avoir suivi la thèse islamiste, l'enquête judiciaire menée en France s'est réorientée vers une possible bavure de l'armée algérienne. C'est du moins ce qu'a évoqué un ancien attaché de défense à Alger lors de l'ouverture de l'enquête judiciaire en 2009.

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Des détails sur les circonstances de la mort. Mais depuis, l'enquête stagnait, notamment en raison du manque de collaboration des autorités algériennes. Leur feu vert constitue donc "une bonne nouvelle" pour Me Patrick Baudoin, avocat des familles des victimes. "C'est une bonne nouvelle parce qu'on ignore la circonstance exacte de la mort des moines. Il n'y a jamais eu d'autopsie et là, il va y en avoir une. Peut-être qu'en pratiquant maintenant cette autopsie on aura quelques indications sur les circonstances de la mort des moines", se réjouit-il.

Les experts pourront ainsi chercher d'éventuelles traces de balles et constater si les têtes ont été coupées avant ou après le décès des moines. "Par exemple, est-ce qu'il y aurait sur une des têtes des moines un impact de balles ? On pourra également savoir si la décapitation est ante ou post-mortem. Et ça peut donne des indications sur les auteurs", précise Me Patrick Baudoin.

tibehirine

Des tests ADN pour s'assurer de leur identité. Ce dernier espère que l'évolution des technologies fasse avancer l'enquête. "La mort des moines remontent maintenant à 17 années. Mais il semble que, maintenant, on dispose d'un matériel très sophistiqué, très perfectionné, qui sera du voyage, avec le juge et le légiste. D'autre part, il y aura utilisation des tests ADN pour vérifier si dans les cercueils ce sont bien les têtes des sept moines. C'est une opération très lourde et très complexe mais on doit parvenir à des résultats", commente-t-il sur Europe 1.

Pas d'audition en vue. L'avocat a toutefois regretté que le juge Trévidic n'ait pas obtenu de pouvoir mener la vingtaine d'auditions qu'il souhaitait, notamment avec des militaires algériens et des islamistes. "Je regrette cependant qu'il ne puisse y avoir des auditions dans une affaire qui concerne la mort de ressortissants français", a-t-il réagi.

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