Modolo : les tortionnaires en appel

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Modolo : les tortionnaires en appel
@ MAXPPP
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Cinq personnes comparaissent à Aix-en-Provence pour l'assassinat du "petit esclave" en 2006.

Les cinq personnes condamnées en 2010 pour leur participation à l'assassinat barbare de William Modolo, torturé à mort le 18 mai 2006 près d'Aix-en-Provence, vont être rejugées à partir de lundi et jusqu'au 14 octobre par la cour d'assises d'appel de Nice. Les protagonistes avaient été condamnés en première instance à des peines allant de 19 à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône.

Quatre d'entre elles, à l'exception de Jean-Pierre Planqueel, 31 ans, considéré comme le chef du groupe et le plus lourdement condamné, avaient fait appel, tout comme le parquet général.

Pour les proches du jeune homme, qui s'étaient dits satisfaits après le verdict, "cela va être une épreuve supplémentaire", a expliqué Me Franck Gardien, leur avocat. "Ils vont devoir à nouveau endurer le récit de ce que William a subi, cela va être très pénible", a-t-il ajouté.

"Le petit esclave" du groupe

La victime, complexée par son surpoids, à la recherche d'amitiés et d'un amour qu'il n'avait jusque-là pas trouvés, s'était liée à un groupe hétérogène mêlant des habitués de la rue et des jeunes socialement plus insérés, en rupture avec leur famille.

Très vite, William était devenu "le petit esclave" du groupe, comme l'avait dit l'une des accusées lors du premier procès. "C'est lui qui devait faire le barbecue, promener les chiens, et puis, il était toujours dans son coin", avait raconté Barbara Jean-Louis à la barre. La jeune femme de 28 ans, qui avait dénoncé les faits, a été condamnée à 23 ans de prison pour complicité d'assassinat.

"On avait picolé plus que d'habitude"

Régulièrement maltraité par ceux qu'il croyait ses "amis", William Modolo a vécu l'enfer le 18 mai 2006. Ce jour-là, il subit plusieurs heures de sévices jusqu'à sa mise à mort dans la soirée. "On avait picolé plus que d'habitude et ça s'est enchaîné", avait décrit Jean-Pierre Planqueel. Son corps avait été retrouvé quatre jours plus tard abandonné dans un sous-bois, le corps dénudé.

Il portait des traces de brûlures, de coups multiples, avait eu la tête fracassée à coups de pierre, présentait des traces de viol anal et douze de ses dents avaient été arrachées.