Mimoun, mort d'une légende française
Alain Mimoun avait remporté à Melbourne, en 1956, la médaille d'or du marathon. © Capture d'écran Youtube

ATHLE - Le vainqueur du marathon olympique de 1956 est mort jeudi soir à l'âge de 92 ans.

alain mimoun

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Sa tête penchée, ses bras ballants, son dossard n°13 et sa serviette blanche sur la tête : les images d'Alain Mimoun en route vers la médaille d'or sur le marathon olympique de Melbourne font partie de la légende du sport français. Jeudi soir, cette figure incontournable de l'athlétisme tricolore est mort à l'âge de 92 ans à l'hôpital militaire de Saint-Mandé. Ce 1er décembre 1956, Alain Mimoun avait décroché ce qui reste à ce jour la seule médaille olympique tricolore sur la distance des 42,195 kilomètres. Mimoun avait dominé la légende de son époque, le Tchèque Emil Zatopek, qui, opéré un mois plus tôt d'une hernie, n'avait pu faire mieux que sixième d'une course disputée sous une chaleur de plomb.

Mimoun remporte le marathon olympique en 1956 :


Si ce marathon des antipodes, remporté à l'âge de 35 ans, reste incontestablement le plus grand moment de la carrière de Mimoun, son aboutissement, le coureur français ne fut pas seulement l'homme d'une seule course. En 1948, pour les premiers JO d'après-guerre disputés à Londres, il décrocha la médaille d'argent sur le 10.000 m, derrière Zatopek. Quatre ans plus tard, il obtint à nouveau l'argent à deux reprises, sur les deux distances du fond, le 5.000 et le 10.000 m. Quatre ans plus tard, ce fut la consécration. Ce parcours olympique, sans commune mesure en France, il l'a toujours raconté avec truculence...

Mimoun raconte son exploit de Melbourne :

 


Car Mimoun, ce n'est pas seulement un palmarès, c'est également un personnage haut en couleurs. Né le 1er janvier 1921 à El Telagh, en Algérie, celui qui s'appelait alors Ali Mimoun Ould Kacha avait découvert la course à pied lors de son service militaire effectué chez les tirailleurs algériens. En 1944, blessé par des éclats d'obus allemands à Monte Cassino, en Italie, il faillit perdre sa jambe gauche... Après avoir participé au débarquement de Provence, il devint garçon de café au Racing-club de France, une activité qu'il exerçait encore quand il décrocha sa première médaille olympique à Londres, en 1948, derrière Zatopek.

En dehors de ses accomplissements olympiques, Mimoun s'est également construit un palmarès hors norme avec pas moins de 33 titres de champion de France, entre 1947 et 1959. Homme de défis sur toutes les distances du fond (5.000, 10.000, marathon, cross-country), il s'offrit même le record de l'heure en 1955, à Alger.

Mimoun avec Chirac (930x620)

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Mimoun présente la particularité d'avoir été décoré de la Légion d'honneur par quatre présidents différents : en 1956 par René Coty après sa médaille d'or de Melbourne, en 1972 par Georges Pompidou, à titre militaire, en 1999 par Jacques Chirac, avec le grade de commandeur de la Légion d'honneur (ici en photo avec la nageuse Roxana Maracineanu) et enfin par Nicolas Sarkozy, qui le fit Grand officier de la Légion d'honneur en 2008. En décembre 2012, ce grand admirateur du général De Gaulle reçut du quotidien L'Equipe le trophée de Champion des champions de Légende. Mimoun, mort d'une légende. Ou peut-être de LA légende.