Michel Neyret entendu six heures à Paris

  • A
  • A
Michel Neyret entendu six heures à Paris
Michel Neyret a été entendu pour la deuxième fois devant les juges parisiens.@ MAXPPP
Partagez sur :

L'ancien n°2 de la PJ lyonnaise a "répondu de manière satisfaisante aux questions".

Un mois après sa première audition face aux mêmes juges parisiens, Michel Neyret a été réentendu mardi. L'ancien numéro deux de la PJ lyonnaise, écroué depuis le 3 octobre, a de nouveau abordé le fond de l'affaire avec par les juges d'instruction parisiens.

"Il a répondu de manière satisfaisante aux questions qui lui étaient posées. (...) Les explications ont porté, elles étaient nécessaires", a déclaré un de ses avocats, Me Yves Sauvayre.

Lors de la précédente audition de Michel Neyret, le 20 décembre, ses avocats avaient demandé aux magistrats instructeurs le renvoi de cet entretien pour leur permettre de prendre connaissance d'un certain nombre de pièces. Dans l'intervalle ils ont pu étudier quelques 400 pièces auxquelles ils n'avaient pu avoir accès.

Devant les juges Patrick Gachon et Hervé Robert, Michel Neyret a notamment été invité à s'expliquer sur un compte ouvert en Suisse par son épouse Nicole et qui, selon un des mis en examen, devait être "approvisionné" en "remerciement" des "services rendus".

Me Sauvayre a indiqué qu'aucun élément provenant de la commission rogatoire adressée par les juges à la justice suisse ne permettait de penser que ce compte avait fonctionné.

Son compte en Suisse, "un projet de projet"

"Ce qui nous conforte, et ce qui nous rassure, c'est qu'on a pas eu d'éléments - et tant mieux parce que c'est la réalité - permettant de penser que ce compte aurait pu (...) fonctionner", a déclaré Me Sauvayre. Il a précisé que Michel Neyret avait indiqué que ce compte avait été ouvert en prévision d'une activité qu'il pourrait avoir "plus tard".

"C'était un projet de projet, et vraiment pas quelque chose qui pouvait avoir pour l'instant la moindre réalité", a dit l'avocat. "C'était important de le rappeler".

Le "superflic" est mis en examen pour corruption, trafic d'influence, association de malfaiteurs, trafic de stupéfiants, détournement de biens et violation de secret professionnel. Il lui est reproché sa trop grande proximité avec des figures du grand banditisme, desquelles il acceptait cadeaux et "faveurs" en échange de renseignements, dont des fiches de police.

Il pourrait sortir prochainement de prison

L'avocat de Michel Neyret a indiqué qu'un juge allait devoir reconsidérer le maintien en détention provisoire de son client. "Le code de procédure pénale va jouer", a-t-il dit. "On atteint malheureusement un délai de quatre mois de détention provisoire. Le code prévoit en matière correctionnelle que le JLD (juge des libertés et de la détention) doit réexaminer la situation de cet homme".

"Ce sera la semaine prochaine qu'on reprendra le dossier pour savoir s'il est pertinent ou non de le laisser en détention ou pas", a-t-il ajouté. Dans ce dossier, cinq policiers et un douanier ont été mis en examen et suspendus de leurs fonctions.