Michel Ambras a-t-il agi seul ?

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Michel Ambras a-t-il agi seul ?
@ MAXPPP
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L’accusé a fait bonne impression lors de la première journée d’audience lundi.

Est-il le seul responsable du meurtre de Willy Pomonti ? C’est la question qui a été abordée dès le premier jour du procès de Michel Ambras. L’homme âgé de 50 ans est accusé d'avoir tué et torturé avec une perceuse un retraité lors d'un cambriolage en 1996 à La Celle-Saint-Cloud, dans les Yvelines.

Un complice ?

"Bien sûr, je n'ai pas tué ni même torturé Willy Pomonti, je suis allé avec un complice chez lui pour faire le guet", a-t-il expliqué à la barre de la cour d'assise des Yvelines. Ce complice est, a-t-il assuré, une fréquentation de bar, qui est décédé en 2005. Seulement les vérifications de la police n'ont pas confirmé ses déclarations à propos de cet homme. "J'étais à l'extérieur de la maison, il m'a appelé et m'a dit : ‘J'ai fait une connerie, il faut que tu m'aides’. Il était comme un alcoolique ou un drogué ou un fou, j'étais paniqué", a-t-il ajouté avant de retenir un sanglot.

La défense a relevé que la possibilité de la présence de plusieurs auteurs avait été évoquée au cours de l'enquête. Me Jean-Yves Liénard a souligné qu'une expertise réalisée sur des traces de semelles ensanglantées sur un morceau de moquette a conclu que ces traces provenaient "de semelles de chaussures différentes". Mais des enquêteurs de la police judiciaire ont pour leur part assuré qu'un seul agresseur se trouvait sur les lieux. Et Michel Ambras avait reconnu les faits avant de revenir sur ses déclarations devant le juge d'instruction.

"Pas de trace de violence chez lui"

Michel Ambras n’a pas le profil d’un tortionnaire, c’est ce que s’accordent à dire après cette première journée de procès la famille du retraité tué et les avocats du prévenu. "Ce qui m'a choqué, c'est qu'il a l'air normal, il a l'air presque sympathique si on le met hors des faits", a déclaré la fille de la victime, Florence. "Toute sa vie est marquée par des petites délinquances, mais à aucun moment nous ne trouvons trace d’une quelconque violence. Personne ne le décrit comme quelqu’un de violent", a affirmé pour sa part l’un de ses avocats Me Jean-Yves Liénard.

Le 16 avril 1996, Willy Pomonti est découvert mort à son domicile, les pieds et poings liés par du ruban adhésif. La victime âgée de 69 ans a subi de nombreux coups lui ayant causé un enfoncement de la boîte crânienne. Elle présente aussi deux blessures, au poignet et à la cuisse, faites avec une perceuse électrique. L'outil est retrouvé dans le couloir, ensanglanté et muni d'une mèche à béton de dix centimètres. Une trace ADN inconnue est découverte sur un mégot. Durant dix ans l'enquête piétine jusqu'au rapprochement en 2006 avec le profil génétique de Michel Ambras, déjà condamné pour vol et escroquerie.

Le verdict est attendu jeudi.