Meryl Fiber ferme ses portes

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Meryl Fiber ferme ses portes
Le tribunal de commerce d'Arras a prononcé mercredi la liquidation avec cessation d'activité immédiate du fabricant de textiles Meryl Fiber (343 salariés), située à Saint-Laurent-Blangy (Pas-de-Calais). Aucun repreneur n'avait été trouvé pour l'entreprise, placée en liquidation judiciaire en janvier avec poursuite de l'activité pendant trois mois.@ MAXPPP
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Cette usine du Pas-de-Calais, 343 salariés, était placée en liquidation judiciaire depuis janvier.

Il n'y a pas eu de surprise de dernière minute. Le tribunal de commerce d'Arras a prononcé mercredi la liquidation avec cessation d'activité immédiate du fabricant de textiles Meryl Fiber (343 salariés), située à Saint-Laurent-Blangy (Pas-de-Calais). Aucun repreneur n'avait été trouvé pour l'entreprise, placée en liquidation judiciaire en janvier avec poursuite de l'activité pendant trois mois.

"L'entreprise suisse Nexis Fiber, un temps évoquée comme possible repreneur, a finalement abandonné son projet car elle estimait que le dossier restait très difficile économiquement et aucun autre repreneur ne s'était manifesté", a détaillé Gilbert Oboeuf, délégué syndical CFTC.

Anciennement Rhodia, l'entreprise, placée en redressement judiciaire en 2007, avait été reprise en 2008 par deux cadres sortis de ses rangs. Mais la société a essuyé des pertes importantes en 2011 et vu son chiffre d'affaires se réduire de 85 à 70 millions d'euros.

"On est grillé d'avance"

La majorité des salariés a plus de 50 ans : difficile donc d'envisager une reconversion dans un autre secteur en cas de licenciement. " On ne vaut plus grand-chose, c’est un peu dur de dire ce que je dis mais des gens comme nous, je ne vois pas beaucoup d’employeurs pouvoir nous reprendre", s’inquiète Bernard Guilleman, secrétaire du Comité d’entreprise. "On a tous 30 ans d'ancienneté et on ne sait rien faire d'autre que du textile. Sur le marché de l'emploi, on est grillé d'avance", avait renchéri Gilbert Oboeuf.

Mardi, les employés peu optimistes avaient allumé quelques feux de palettes et jeté des bobines de fil au sol pour bloquer symboliquement l'usine. "C'est un gâchis à cause d'actionnaires voyous. On ne me fera pas croire que depuis toutes ces années, les politiques de la région n'étaient pas au courant de la situation", avaient déploré un salarié.

Mise à part cette action symbolique, les salariés avaient jusqu'à présent préféré le dialogue, espérant une réaction politique. Conscients du danger dès le début de l’année, les employés de Meryl Fiber avaient en effet profité de l’élection présidentielle pour attirer l’attention sur leur situation. Ils avaient alerté Nicolas Sarkozy lors de l’un des ses meetings, mais aussi rencontré François Hollande et ses équipes.

"Indemniser les gens décemment"

Ils semblaient malheureusement ne plus avoir d’interlocuteur en cette période de transition politique.  "Il n’y a plus rien et effectivement, c’est un peu le problème : on tombe en liquidation en ce moment et on n’a pas de réponse à apporter à notre dossier puisqu’il n’y a personne en face de nous. On se demande si on ne nous a pas fait attendre les élections présidentielles et, maintenant, on se retrouve seuls", avait regretté Gilbert Oboeuf au micro d'Europe 1 il y a une semaine.

"Il est difficile de faire entendre la voix des "Meryl" au milieu de tous les plans sociaux qui s'accumulent sur le bureau du ministre", reconnaît toutefois le chef du comité d'entreprisse Bernard Guilleman.  

Le prochain combat : se faire entendre pour obtenir les indemnités les plus élevées possibles. "Notre objectif sera d'indemniser les gens décemment", prévenait mardi le syndicaliste Gilbert Oboeuf.