Merah : qui a livré les extraits audio?

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Merah : qui a livré les extraits audio?
Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour violation du secret de l'instruction après la diffusion d'enregistrements audio de Mohamed Merah, qui a tué en mars sept personnes en se réclamant d'Al Qaïda, a-t-on appris lundi auprès d'un avocat des parties civiles.@ MAXPPP
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Au lendemain de la diffusion des enregistrements sur TF1, la question est sur toutes les lèvres.

TF1 invoque le droit à l'information. Les familles des victimes, elles, crient leur indignation. Mais une seule question est désormais dans tous les esprits : qui est à l'origine de la fuite des conversations ? Pour la première fois, dimanche soir, TF1 a diffusé une partie des enregistrements audio entre Mohamed Merah et les policiers pendant les 32 heures du siège de son appartement toulousain, qui s'est achevé par la mort du "tueur au scooter" le 22 mars dernier.

Une fuite qui fait beaucoup de bruit depuis 24 heures et dont la justice a décidé de se saisir. Le parquet de Paris a ouvert dimanche une enquête préliminaire pour violation du secret de l'instruction. Celle-ci a été confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices". L'IGPN est parallèlement chargée par le ministère de l'Intérieur d'une enquête administrative à ce sujet.

Et alors qu'une double enquête est menée pour tenter de savoir qui a livré à TF1 la bande audio, plusieurs pistes sont d'ores et déjà évoquées.

La police en cause ?

assaut, raid, toulouse

© REUTERS

L'accusation la plus cinglante vient de Me Jean Tamalet, qui défend Atim Ibn-Ziaten, frère du premier militaire assassiné par Mohamed Merah. Ce dernier soupçonne un service de police d'avoir fait fuiter les enregistrements des conversations et entend porter plainte pour violation du secret de l'instruction. L'avocat vise par ailleurs nommément certains services.

S'appuyant sur le fait que "cet enregistrement (...) n'est actuellement physiquement sur son support détenu que par la police scientifique (...) et par les services en charge de l'enquête" (la DCRI et la Sous-direction antiterroriste, nldr), Me Jean Tamalet pose la question : "est-ce qu'on ne peut pas légitimement, en tout cas c'est le cas pour les familles des victimes, s'interroger et se demander si c'est la DCRI, la SDAT ou le laboratoire de police scientifique qui a eu à un moment ou un autre intérêt (...) à transmettre la copie à la presse".

Plusieurs copies des enregistrements des conversations entre Mohamed Merah et les policiers ont en effet été réalisées par le Raid (Recherche, assistance, intervention, dissuasion, l'unité d'élite de la police nationale), destinées à être distribuées aux différents services d'enquête concernés, ont indiqué lundi des sources proches du dossier. Ces enregistrements "ont été versés à la procédure, et une copie a été adressée à chacun des services concernés à un moment ou à un autre par cette affaire, telles que la DCRI (renseignement intérieur) et la DCPJ (police judiciaire)", a-t-on précisé.

Valls : "il faut aller jusqu'au bout"

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© Capture écran

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls a, quant à lui, déclaré lundi à Chartres qu'il fallait "aller jusqu'au bout pour connaître les auteurs" des divulgations des enregistrements diffusés dimanche par TF1. Ces policiers ont commis une "infraction claire", a souligné le ministre. 

"Il faut aller jusqu'au bout pour connaître les auteurs de ce qui est, encore une fois, quelque chose qui est contraire aux règles que l'on doit s'appliquer dans mon administration", a affirmé Manuel Valls, rappelant que "l'inspection générale de la police nationale (IGPN, la police des polices, ndlr) est saisie à la fois par mes soins et par la justice".

Une divulgation entre jeudi et dimanche

Toujours est-il que les avocats, eux, n'avaient pas reçu copie de la bande originelle, afin, justement, d'éviter sa divulgation. Me Jean Tamalet explique ainsi que ces enregistrements n'ont toujours pas été versés au dossier d'instruction et n'ont donc pas été transmis aux avocats.

Les bandes de ces enregistrements avaient été placées sous scellés, et faisaient l'objet de mesures de protection exceptionnelles, rapporte à ce propos Le Figaro.

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© Capture écran

Plus précisément, les juges d'instruction ont, en milieu de semaine dernière, informé les différentes parties qu'aucune copie ne serait délivrée. Le son originel a été placé sous scellé, consultable uniquement au palais de justice de Paris. Selon Le Figaro, la fuite a donc eu lieu entre jeudi et dimanche, plus vraisemblablement avant le week-end.

Drôle de "timing"

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Un "timing" qui étonne d'ailleurs Me Zahia Mokhtari, l'avocate algérienne du père de Mohamed Merah. "Pourquoi les vidéos ne sont pas apparues plus tôt et pourquoi attendre la semaine où je dois me rendre en France pour les remettre à la justice pour diffuser cette vidéo ? " s'interroge l'avocate.

Me Zahia Mokhtari en est convaincue : la vidéo diffusée dimanche par TF1 "est une pièce de théâtre pour attirer l'attention et orienter l'opinion publique". "Il y a une totale contradiction entre ce qui est dit dans la vidéo diffusée par TF1 et les vidéos en notre possession", avance-t-elle. L'avocate doit se rendre le 12 juillet en France pour remettre à la justice française des preuves en sa possession, dont des vidéos qui auraient été filmées par le tueur.

Pour sa part, Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a convoqué mardi les dirigeants de TF1, mais également des chaînes d'information BFM-TV et i>télé, qui ont repris des extraits de l'enregistrement.