Mediator : une ex-sénatrice mise en examen

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Mediator : une ex-sénatrice mise en examen
@ Max PPP
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L'élue UMP et le numéro deux de Servier sont soupçonnés de trafic d'influence dans l'affaire.

La liste des personnes mises en examen dans l'enquête visant le laboratoire Servier s'allonge. Deux personnes ont été mises en examen dans le volet trafic d'influence du scandale du Mediator. Il s'agit de l'ancienne sénatrice UMP Marie-Thérèse Hermange et du numéro deux du docteur Jacques Servier, Jean-Philippe Seta. Ces derniers sont soupçonnés d'être intervenus dans la rédaction d'un rapport sénatorial sur le Mediator dans le but de minimiser leur responsabilité dans l'affaire du Mediator et d'insister sur celle de l'Agence du médicament.

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"Aucun élément n'en a été modifié". Les soupçons sont nés d'écoutes téléphoniques relatant une conversation entre le directeur opérationnel du groupe Servier, Jean-Philippe Seta, et Claude Griscelli, professeur de pédiatrie et de génétique qui fut directeur général l'Inserm. Ce dernier indiquait avoir travaillé avec Marie-Thérèse Hermange, à l'époque responsable de la rédaction d'un rapport du Sénat publié en juin 2011. Il précisait avoir "fait changer pas mal de choses".

Forcés de s'expliquer, l'élue et les laboratoires avaient catégoriquement démenti ces affirmations auprès. Marie-Thérèse Hermange, qui n'est plus sénatrice depuis, reconnaissait toutefois avoir rencontré Claude Griscelli "pour avoir une discussion avec lui". Mais "le rapport était bouclé" et "aucun élément n'en a été modifié à la demande de Claude Griscelli", avait-elle insisté.

Un rapport qui accable l'agence du médicament. Dans le rapport en question, la sénatrice avait épinglé l'Afssaps, qui semblait "avoir redécouvert tardivement des travaux publiés pourtant dès les années 1970" sur le Mediator.

Par la suite, l'agence du médicament, remplacée depuis par l'ANSM, a été mise en examen pour homicides et blessures involontaires. Les juges soupçonnaient l'autorité de contrôle du médicament d'avoir négligé les alertes sur la dangerosité du Mediator entre 1995 et 2009.

D'autres enquêtes ouvertes. Plusieurs autres enquêtes ont été ouvertes à l'encontre des laboratoires Servier. L'une pour tromperie et escroquerie dans laquelle le patron des laboratoires, Jacques Servier, et six sociétés du groupe ont été mis en examen, l'autre pour "homicides et blessures involontaires" dans laquelle Jacques Servier a été mis en examen.

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Destiné aux diabétiques en surpoids, mais largement prescrit comme coupe-faim, le Mediator, commercialisé en 1976, a seulement été suspendu en novembre 2009 et définitivement retiré du marché en juillet 2010 en raison des risques cardiaques encourus par les patients.