Mediator : Servier devant les juges

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Mediator : Servier devant les juges
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Les laboratoires Servier devraient bientôt être mis en examen, selon leur avocat Me Hervé Témime.

Moins d'une semaine après l'ouverture du fonds d'indemnisation pour les victimes, l'affaire du Mediator devrait prendre un virage judiciaire. Sur Europe 1, Hervé Témime, l'avocat des laboratoires Servier, a annoncé que ses clients allaient être prochainement convoqués devant les juges en charge du dossier pour une probable mise en examen.

"A cette occasion, le cours normal des choses va peut-être pouvoir exister. Il faut peut-être que les laboratoires Servier soient mis en examen pour qu'ils soient présumés innocents", a-t-il expliqué.

Deux anciens salariés accablent Servier

Mardi, Libérationet Le Figaro ont révélé des informations compromettantes pour le groupe pharmaceutique. Les deux quotidiens publient des extraits d'audition de deux anciens employés de Servier.

Ces derniers ont expliqué que le Mediator était bien un coupe-faim, mais qu'il a été présenté comme un antidiabétique, en cachant quelques éléments de sa composition aux autorités sanitaires afin d'obtenir l'autorisation de mise sur le marché. "Le mot amphétamine était à éviter pour présenter un dossier à l'AMM", a justifié l'un d'entre eux.

Me Hervé Témime écarte ces arguments. "Les laboratoires Servier n’ont pas trompé les autorités en masquant le fait que le Mediator est un coupe-faim, ce qu’il n’était pas", a-t-il encore dit sur Europe 1.

"Il n'y a pas eu de tromperie"

"Servier considère simplement qu’il n’y a pas eu de tromperie, il n’y a pas eu d’escroquerie, il n’y a pas eu d’obtention indue d’autorisation de mise sur le marché. C’est tout", a conclu l'avocat.

Mis sur le marché en 1976, le Mediator a été retiré de la vente en novembre 2009. Deux études scientifiques publiées l'année suivante parle de 500 à 2.000 victimes décédées à cause du Mediator. A l'heure actuelle, plus de 600 plaintes ont été déposées contre les laboratoires Servier qui pourraient être interdits d'exercer s'ils étaient reconnus coupables de dissimulation.