Mediapart accuse Sarkozy d’"intimidation"

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Mediapart accuse Sarkozy d’"intimidation"
Mediapart a publié samedi un article selon lequel Kadhafi aurait accepté de financer la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.@ Capture écran
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Trois journalistes du site d’information accusent le président-candidat de vouloir éviter le débat public.

Mediapart riposte après la plainte de Nicolas Sarkozy. Trois journalistes du site, dont le directeur, Edwy Plenel, accusent mardi le président-candidat, qui vient de déposer plainte contre eux, de souhaiter une "procédure secrète qui vise à intimider les journalistes", au lieu d’un débat public.

Les trois signataires du communiqué, Fabrice Arfi, Karl Laske et Edwy Plenel, sont visés par une plainte du président-candidat concernant un article publié samedi et qui fait état d’un soutien présumé de la Libye pour le financement de sa campagne de 2007. Les trois journalistes disent avoir appris la nouvelle "avec stupéfaction", jugeant qu’il s’agit d’une "démarche exceptionnelle [qui] vise à contourner la procédure spéciale prévue par la loi sur la presse".

"Rapidité" de l’ouverture de l’enquête

La plainte a été déposée pour des "faits de faux et usage de faux, recel et diffusion de fausses nouvelles", devant le Procureur de la République. Pour Mediapart, "une procédure de chef de diffamation aurait exigé un débat public devant le tribunal correctionnel ainsi que la production de preuves et des témoins", ce que Nicolas Sarkozy cherche à éviter selon le site.

Les journalistes s’étonnent aussi de la "rapidité" avec laquelle une enquête préliminaire a été ouverte, dès lundi, alors que la justice "s’obstine depuis des mois malgré l’ampleur de nos révélations à refuser d’enquêter sur un possible financement illicite" de cette campagne.

"Ces procédés portent la marque du régime"

Mediapart fait en outre le parallèle avec l’affaire Bettencourt : "il s’agit d’un processus rigoureusement identique". Il y a quelques semaines, Edwy Plenel et Fabrice Arfi ont été mis en examen à Bordeaux pour recel d’atteinte à la vie privée dans le cadre de cette affaire, pour avoir diffusé des écoutes réalisées chez la milliardaire Liliane Bettencourt par son majordome.

Pour Mediapart, "ces procédés portent la marque du régime". Et les journalistes de conclure : "aucune procédure, ni aucune manœuvre, ne nous empêchera de contribuer au débat public par la publication d’informations au cœur du fonctionnement de notre démocratie".