Me Lantourne : "je n'ai jamais consulté" Pierre Estoup

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Me Lantourne :  "je n'ai jamais consulté" Pierre Estoup
L'avocat de Bernard Tapie s'est défendu après la révélation de lettres par le journal Le Monde.
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EXCLU - L'avocat de Bernard Tapie s'est défendu après la révélation de lettres par le journal Le Monde.

La phrase. "Il n'y avait aucune incompatibilité." Me Maurice Lantourne a réagi mardi sur Europe 1 à la révélation par le quotidien Le Monde de projets de courriers destinés à Pierre Estoup, l'un des arbitres de l'affaire Tapie-Crédit lyonnais, rédigés en 2006. L'avocat de Bernard Tapie a martelé qu'il n'avait "jamais sollicité M. Estoup pour faire des consultations ou donner des avis juridiques" avant la procédure.

"Il n'y a jamais eu de demande d'intervention". Les juges d'instruction ont en effet saisi, d'après Le Monde, des projets de courrier lors de perquisitions menées début juillet à l'ancien cabinet de Me Lantourne. "Il faudrait d'abord vérifier que ces projets de courrier ont été adressés. Je confirme, et j'insiste sur ce point, qu'il n'y a jamais eu de demande d'intervention, de consultation de M. Estoup avant cet arbitrage", a affirmé Me Lantourne. "Je n'ai jamais eu en mains une consultation, ni moi, ni les liquidateurs, ni M. Tapie", a encore insisté l'avocat de l'homme d'affaires. "Il faut rappeler que nous sommes en 2006 et il n'est pas question d'arbitrage. Donc on est en train de tout mélanger", poursuit-il.

Des documents joints. Pourtant les traces de ces courriers ont bien été retrouvés par les juges. Et dans ces projets de lettres, il est bien question de la vente d'Adidas et des documents sont même joints, d'après Le Monde. Le recours à un arbitrage y est même déjà suggéré. D'où les soupçons des magistrats, puisque ces lettres sont adressées à l'un des futurs juges, mais deux ans avant le début de la procédure d'arbitrage alors que Pierre Estoup n'a a priori aucune raison de s'intéresser à cette affaire.

"Il n'était nullement 'conflicté'". Me Lantourne a par ailleurs assuré n'avoir pas non plus consulté Me Jean-Denis Bredin, un autre des trois arbitres. "Je n'ai pas évoqué le dossier avec Jean-Denis Bredin. Je ne l'ai pas consulté, il n'a donné aucun avis juridique, il n'était nullement 'conflicté' (sic)", a-t-il affirmé.

"Une présomption de culpabilité". "Rien n'a été caché", a encore juré Me Lantourne. "Les déclarations d'indépendance ont été faites à l'égard des parties et non à l'égard des conseils et il n'y avait aucune incompatibilité. L'article du Monde à ce niveau est choquant parce qu'il déforme la présomption d'innocence en faisant une présomption de culpabilité", a-t-il dénoncé.

"Je suis une cible". Pour Me Lantourne, les attaques le visant ont pour objectif de faire annuler la décision d'arbitrage obtenue en 2008. "Je suis une cible obligée pour peut-être pouvoir atteindre la décision et en demander la nullité. Cette décision gêne parce qu'elle a été rendue par trois arbitres indiscutables, et elle stigmatise une faute [du Crédit lyonnais, ndlr]", a-t-il estimé.

Une stratégie pour influencer les magistrats". "Dès l'origine, on a ciblé un aspect politique. Quand on examinera sereinement le dossier, on s'apercevra qu'il n'y a aucune anomalie politique", a-t-il poursuivi par ailleurs. "Il n'y a pas d'escroquerie en bande organisée. Quelle relation il peut y avoir entre M. Rocchi, M. Richard, M. Guéant, dont on parle, et les événements que vous venez de me citer ? Aucune. Escroquerie en bande organisée c'est très grave, c'est une qualification qui oblige à démontrer qu'il y a eu des manoeuvres concertées des uns et des autres pour parvenir à une décision qui serait injuste et qui aurait été préparée à l'avance. C'est-à-dire qu'il y aurait eu un faux arbitrage. Il y a eu un arbitrage réel, avec des audiences, des mémoires", a affirmé Me Lantourne. "C'est peut-être une stratégie pour influencer les magistrats dans la procédure civile qui se profile", a conclu l'avocat.