Marseille : trafic de cigarettes démantelé

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Marseille : trafic de cigarettes démantelé
@ MAXPPP
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Deux commandants de cargos revendaient le tabac hors-taxe réservé à leur consommation en mer.

Une vingtaine d'euros pour une cartouche. Cinq personnes, dont deux commandants de cargos, ont été mises en examen et placées en détention provisoire après le démantèlement d'un vaste trafic de cigarettes à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône. Cet "important réseau" est soupçonné d'avoir écoulé plus de 800 kg de cigarettes hors-taxe en provenance d’Égypte, d'Israël ou d'Espagne pour un bénéfice estimé de 40.000 euros mensuels.

L'enquête a duré plusieurs mois afin d'identifier les membres du réseau dont celui qui est soupçonné d'en être à la tête, un Marseillais d'une cinquantaine d'années. Les cartouches, achetées sans taxe par les marins pour leur consommation en mer, étaient écoulées un peu partout en ville : sur les marchés, dans les bars et même au sein d'entreprises.

Un réseau "assez unique"

Toutes les semaines, les cigarettes arrivaient sur le port, parfois en plein jour. "C'est ça qui est fort. Ça durait depuis des années et elles étaient juste jetées par dessus bord, sur le quai", souligne sur Europe 1 Florent Nourian, responsable des douanes judiciaires de Marseille. "Les contrebandiers les ramassaient, les mettaient dans une voiture et puis filaient", raconte le fonctionnaire.

Les revendeurs, eux, avaient tous les profils. "Ça pouvait être des gens qui se regroupaient dans les entreprises, la mère de famille, des amis... Ça pouvait être n'importe qui. Mais avoir un réseau aussi structuré, c'est vrai que c'est assez unique", conclut Florent Nourian.

D'autres interpellations à venir

En novembre 2011, le parquet de Marseille avait ouvert une information judiciaire, qui a débouché sur l'interpellation de 10 personnes entre vendredi et dimanche. Cinq d'entre elles ont été mises en examen, notamment pour importation en contrebande et en bande organisée de marchandises fortement taxées et pour blanchiment.

D'autres interpellations pourraient intervenir au cours de prochaines semaines.