Marseille se décide à devenir plus propre

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Marseille se décide à devenir plus propre
L'agglomération marseillaise a décidé de s'attaquer au problème de la propreté et semble prête à remettre en cause le polémique principe du "fini-parti".@ MAXPPP
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La communauté urbaine prévoit la fin du "fini-parti" et va équiper les camions-bennes de mouchards.

A Marseille, c’est un dossier récurrent : comment mettre fin aux problèmes de propreté qui insupportent les Phocéens et donnent une image déplorable de la ville ? Si les élus locaux ont toujours affirmé s’en inquiéter, la communauté urbaine semble déterminée à enfin agir.

Marseille Provence Métropole (MPM) a en effet privilégié cette fois-ci une piste longtemps taboue : sortir du système de fini-parti pour revenir à une gestion plus classique des services de propreté de la ville. Preuve de leur détermination, les élus envisagent même d’équiper les camions-poubelles de puces GPS pour dissuader les agents de propreté d’esquiver le travail.

Le fini-parti enfin fini ?

Lors qu’un Marseillais parle de la propreté à Marseille, le terme "fini-parti" ne tarde pas à suivre. Derrière ce slogan se cache un principe permettant aux éboueurs de s'arrêter dès qu'ils jugent leur travail achevé. Conséquence, ces derniers s’auto-gèrent et travaillent en toute vitesse pour finir le plus tôt possible, s’attirant les critiques des habitants, qui y voient une explication à la saleté ambiante.

Tous les élus qui se sont succédé à la direction de la ville n’ont pas réussi à réformer ce système face aux menaces de grèves à répétition et au chantage électoral. Mais la communauté urbaine de Marseille a décidé de suivre un rapport d'élus préconisant la fin du "fini-parti".

"La majorité des mesures de ce rapport seront mises en route immédiatement", a annoncé lundi Eugène Caselli, le président PS de Marseille Provence, avant de promettre "la limitation du ‘fini-parti’ et sa disparition à terme".

"C’est du flicage complet"

Déjà irrités par cette suppression annoncée du ‘fini-parti’, les agents de propreté sont d’autant plus en colère qu’ils ont l’impression d’être placé sous étroite surveillance : une autre mesure consistera à équiper les bennes d'un GPS et d'un "chronotachygraphe qui retracera le temps de travail ainsi que le parcours" du véhicule.

Au dépôt de la Capelette, les conducteurs de benne ne cachent pas leur mécontentement. "C’est du flicage complet, du n’importe quoi... Déjà qu’il y a une grosse tension à propos du ‘fini-parti’, là on va nous mettre le mouchard et puis ca va être quoi la prochaine fois… un agent de police dans la benne ?", s’emporte Antoine, avant de pronostiquer : "il va y avoir des étincelles".

Les agents pointent l’incivilité des Marseillais

Par "étincelle", il faut entendre grève, car les agents de propreté s’estiment constamment stigmatisés et pointent un autre problème : l’incivilité des Marseillais. Et un cantonnier de pointer "des gens pas éduqués qui jettent des papiers par terre devant moi et si je leur fait un reproche, ils me font des doigts d’honneur".

"Je vois tous les matins des gens qui posent leurs sacs-poubelle devant leur porte alors que le container se trouve à 20 mètres. Cela fait huit mois que je suis sur la Capelette, j’ai envie de baisser les bras", poursuit-il.

Le puissant syndicat Force Ouvrière ne compte, lui, pas lâcher prise et a déjà fait une sortie pleine de sous-entendus : les futurs mouchards sont des boîtiers bien fragiles qui pourraient facilement tomber en panne.