Marseille : des écoutes trafiquées à la BAC Nord ?

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Marseille : des écoutes trafiquées à la BAC Nord ?
17 policiers de l'ancienne BAC Nord de Marseille sont mis en examen@ Streetview
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Deux ans après le début de l'affaire, il semble que des écoutes auraient été mal retranscrites.

L'INFO. Et si le dossier entier était bancal ? Depuis deux ans, les 17 policiers de l'ancienne BAC Nord de Marseille clament leur innocence. Aujourd'hui, plusieurs avocats et des syndicats de police affirment que les écoutes, sur lesquelles repose toute l'affaire, auraient été trafiquées.

Des micros, posés dans le véhicule des officiers de police accusés de vol, extorsion en bande organisée, acquisition et détention de stupéfiants, auraient capté des conversations accablantes. Les premiers procès-verbaux de la police des polices faisaient état d'échange d'argent avec des dealers et de détention de drogue dans des enregistrements de mauvaise qualité. Mais ces écoutes sont aujourd'hui mises en doute.

Des mots changés, des phrases détournées. C'est un rapport technique d'un laboratoire de la police scientifique près de Lyon, qui a retranscrit une seconde fois les écoutes, qui relance l'affaire. Les nouvelles retranscriptions n'ont rien à voir avec la première version déposée au dossier. Des mots auraient été changés, des phrases détournés, accablant les policiers de la BAC Nord. Pour David Olivier Reverdi, du syndicat de police Alliance, "à partir du moment où on change les mots tels qu'ils ont été dits dans les voitures, qu'on les retranscrits de manière différente par d'autres mots, avec une autre signification, il y a une volonté de nuire". Selon le délégué syndical, l'Inspection générale de la police nationale aurait donc volontairement truqué les écoutes.

Un syndicat et un avocat outrés. David Olivier Reverdi se dit déçu par la police des polices : "Le service dans lequel on devrait avoir toute confiance, c'est bien l'IGPN". Le délégué syndical va même plus loin, estimant que "si la police des polices se permet de faire défaut, se permet d'accuser à tort des fonctionnes, nous sommes dans un pays qui peut s'apparenter à une république bananière".

Le syndicat réclame donc une nouvelle enquête administrative et judiciaire, notamment pour les trois policiers révoqués dans cette affaire. L'avocat de l'un des policiers entend déposer plainte pour faux et usage de faux, estimant qu'il s'agit d'un nouveau scandale d'état.

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