Mariage gay : bisbilles entre opposants

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Mariage gay : bisbilles entre opposants
@ REUTERS
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Frigide Barjot veut encore manifester mais sans le "Printemps français", qu’elle menace de plainte.

L’INFO. Alors que les opposants au mariage homosexuel ont prévu de manifester le 26 mai prochain, certains membres de la galaxie de la "Manif pour tous" ont été déclarés persona non grata par Frigide Barjot. Dans son viseur, le courant radical baptisé "Printemps français". "Ils n'ont rien à voir avec nous", clame l'égérie des "anti", qui qualifie ce collectif proche de l'extrême-droite "d'intégriste" et "d'extrémiste". Est-ce la fin de l'union sacrée ?

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© DR


Nommé en référence au "Printemps arabe", ce mouvement faisait partie intégrante de la "Manif pour tous" mais s’en est séparé, jugeant le discours de Frigide Barjot trop timoré. Un divorce consommé au lendemain du rassemblement du 24 mars, lorsque l'égérie des opposants a condamné les manifestants qui ont tenté d'investir les Champs Elysées, malgré les interdictions répétées. La réplique ne s'est pas faite attendre : Béatrice Bourges, ex- porte-parole du mouvement et désormais parmi les têtes pensantes du "Printemps français", la traite alors de "Bisounours".

Partisan d'une "certaine radicalité"

Ce collectif, dont les actions sont relayées avec attention par l’extrême-droite - notamment par le Bloc identitaire, les royalistes et Cité catholique-, a en effet décidé de muscler le ton. Outre sa tentative d'investir les Champs Elysées, il a également fait le siège de la sénatrice centriste Chantal Jouanno, décriée pour son soutien au "mariage pour tous".

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© CAPTURE BLOC IDENTITAIRE

Puis il a "repeint" avec des affiches contre le mariage gay la façade de l'Espace culturel parisien des Blancs-Manteaux, où se réunissaient des associations LGBT. Bref, il se veut plus virulent, ce qu’un de ses parrains ne cache pas : "il n’existe pas d’autre solution que d’imprimer à ce mouvement une certaine radicalité qui serve aussi d’avertissement à la classe politique de droite", a prévenu Philippe Darantière, un ancien officier parachutiste cité par Le Monde.
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La (triple) menace d'une plainte

Non conviés à la fête donc, le "Printemps français" est même menacé de poursuite en justice par Frigide Barjot. "Nous allons les poursuivre pour vol de pancartes, vol d'affiches, vol de slogan, actes illégitimes et illégaux. (…) Les slogans qu'ils utilisent, ce sont les nôtres, le nom ‘printemps français’, c'est moi la première qui l'ai utilisé. Nous dénonçons le vol répété de notre matériel et de notre charte de communication pour commettre des exactions inacceptables et préjudiciables à tout le monde", a insisté la porte-parole de la Manif pour tous.  Le ton est ferme mais la détermination reste à prouver : c’est la troisième fois que Frigide Barjot menace de porter plainte. Me Pichon, l’avocat du "Printemps français" n'a toujours rien reçu.