Marc Machin, simple témoin

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Marc Machin, simple témoin
Marc Machin a témoigné mardi au procès de David Sagno.@ MaxPPP
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Il a été entendu au procès de David Sagno pour les deux meurtres du pont de Neuilly.

Le face à face était très attendu. Marc Machin, un temps accusé de l'un des deux meurtres de femmes au pont de Neuilly, a été confronté mardi à celui qui l’a innocenté. C'est en qualité de simple témoin qu'il a été entendu mardi par la cour d'assises des Hauts-de-Seine au procès de David Sagno. Ce dernier s’est dénoncé en 2008 pour les meurtres de Marie-Agnès Bedot en 2001 et Maria-Judith Araujo en 2002, disculpant ainsi Marc Machin.

Arrivé en milieu de matinée à l’audience, le jeune homme aujourd'hui âgé de 30 ans s’est retrouvé plusieurs fois en larmes à la barre. Marc Machin, qui a purgé sept ans de prison pour le meurtre de Marie-Agnès Bedot et qui est incarcéré dans le cadre d'une autre affaire, a tenu, d’emblée, à s’adresser aux familles des victimes de David Sagno. "Je ne veux pas parler de moi", leur a-t-il lancé, souhaitant leur "épargner" son calvaire et réclamant que justice soit rendue pour ces familles.

"On sait que c’est toi"

Mais il n’a pas pu échapper au procès de son erreur judiciaire. Celui qui doit être rejugé par la cour d'assises de Paris a notamment dû expliquer comment il a pu avouer un crime qu’il n’avait pas commis et ce qui l’a fait basculer, au bout de 40 heures de garde à vue.

Dans le récit de sa nuit à la brigade criminelle, Marc Machin raconte comment le commandant Jean-Claude Mulès le met en condition psychologique. "On sait que c’est toi", lui aurait dit le policier, faisant allusion au père de Marc Machin, un "collègue" policier, affirmant qu’il serait aidé et que sa vie n’était pas "foutue".

"Je n’avais que 19 ans"

"J’étais dans l’incapacité de prouver mon innocence. Je tremblais comme une feuille, je n’avais que 19 ans", insiste le témoin. "Je pensais que j’allais être remis en liberté après les expertises ADN, j’ai raconté une histoire invraisemblable, montée de toutes pièces, je me suis dit qu’ils verraient forcément les incohérences", poursuit Marc Machin.

Quand Philippe Courroye, avocat général, lui demande s’il était sur le pont de Neuilly le 1er décembre 2001, jour du meurtre, Marc Machin répond un "non" catégorique. Dans le box des accusés, David Sagno garde les yeux fermés. A son égard, Marc Machin semble tiraillé entre des sentiments contradictoires : "je sais que je lui suis redevable, mais si j’avais su je l’aurais tué de mes mains".