Marc Machin au panthéon des erreurs judiciaires

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Marc Machin au panthéon des erreurs judiciaires
Les condamnés, pour lesquels la justice a fini par reconnaître s’être trompée quant à leur culpabilité, sont très peu nombreux.@ MAXPPP
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Il devient, depuis 1945, la huitième personne acquittée après un procès en révision.

Leurs noms résonnent dans la mémoire collective comme des synonymes d’erreurs judiciaires. Ces condamnés, pour lesquels la justice a fini par reconnaître s’être trompée quant à leur culpabilité, ont marqué l’histoire de la justice en France. Marc Machin est devenu jeudi le dernier nom à figurer sur cette liste à l'issue de son procès en révision qui s'est achevé jeudi. Retour sur les précédentes affaires qui ont défrayé la chronique judiciaire.

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En leur temps, avant l’avènement de la justice moderne, Jean Calas (1792), Rosalie Doise (1862) ou le célèbre capitaine Alfred Dreyfus, en 1906, ont tous vu leur condamnation annulée ou leur mémoire réhabilitée, au terme de longues batailles judiciaires. Avec cette problématique récurrente dans les annales de la justice : l’extrême difficulté des condamnés à tort à prouver leur innocence.
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Depuis la Seconde guerre mondiale, seuls sept condamnés pour des faits criminels ont obtenu un acquittement lors de procès en révision.  Le premier d’entre eux, Jean Deshays, est un docker accusé d’avoir assassiné un fermier en Loire-Atlantique, en 1949. Condamné à 20 ans de travaux forcés, il est rejugé après la découverte des vrais auteurs des faits, et acquitté en révision en 1955.
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Huit ans plus tard, c’est au tour de Jean-Marie Deveaux, un garçon boucher du Rhône, d’être accusé à tort de l’assassinat de la fille de ses patrons, âgée de 9 ans. Après un procès où le président du tribunal s’échine à démontrer, suivant l'adage "qui vole un oeuf vole un boeuf", que si l’accusé est coupable d’avoir tué un chat, il est forcément le meurtrier de la fillette, il écope en 1963 de 20 ans de réclusion. Jean-Marie Devaux est rejugé après révision et acquitté en 1969, après avoir clamé durant des années son innocence.



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En 1973, Roland Agret est, lui, condamné à 15 ans de réclusion pour l'assassinat d'un garagiste, sur la foi de faux témoignages. Après un an de grève de la faim, il est libéré au bénéfice d'une grâce médicale. Pour obtenir sa révision, il se coupe deux doigts et les envoie au Garde des Sceaux.Roland Agret est finalement acquitté lors d’un procès en révision en 1985. Il a depuis fondé l’association Action Justice pour venir en aide aux victimes d’erreurs judiciaires.
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Guy Mauvillain aura, pour sa part, dû attendre dix ans pour voir la justice reconnaître son erreur. Condamné à 18 ans de prison en 1975 pour le meurtre d’une septuagénaire qui l’a désigné comme l’auteur du crime, ce comptable rangé obtient son acquittement en 1985 devant la cour d’assises de Gironde.  Le témoignage d’une voisine l’ayant entendu s’affairer dans sa cuisine à l’heure du crime a notamment permis de prouver son innocence.    

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Jugé coupable du meurtre d’un revendeur d’héroïne en 1991, à Marseille, Rida Daalouche passe, lui, trois ans derrière les barreaux jusqu’à ce que sa famille parvienne à prouver qu’il était en cure de désintoxication au moment du crime. Malade physiquement et psychologiquement, Rida Daalouche avait oublié lors de son procès cet alibi qui pouvait pourtant le disculper. Il est libéré en 1994 et obtient son acquittement lors de son procès en révision en 1999 à Montpellier.



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En 1989, c’est au tour de Patrick Dils de connaître les remous tragiques d’une erreur judiciaire. Arrêté dans l’enquête sur l’assassinat  de deux enfants  en 1986 à Montigny-lès-Metz, en Moselle, l’adolescent de 16 ans avoue rapidement. Patrick Dils est ensuite condamné à deux reprises. Mais, les nombreuses zones d’ombres de l’enquête et la présence avérée du tueur en série Francis Heaulme sur les lieux du crime jettent le trouble et permettent une révision. Patrick Dils est finalement acquitté en 2002, après avoir passé près de quinze années en détention. 

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Avant-dernier innocent à compléter cette liste, Loïc Sécher a été condamné pour viols avant que son accusatrice se rétracte. Cet ouvrier agricole a récemment obtenu de la justice une indemnisation de 797.352 euros, après son acquittement en 2011. Il aura passé, à tort, sept ans derrière les barreaux.

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© MAXPPP

Le dernier homme a faire son entrée dans ce panthéon des erreurs judiciaires est Marc Machin. Cet homme de  30 ans a été acquitté le 20 décembre par la cour d'assises de Paris à l'issue de son procès en révision, après avoir vu sa condamnation pour meurtre annulée en 2010 car le véritable auteur du crime s'était dénoncé.

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Toutefois, de nombreuses autres victimes d’erreurs judiciaires supposées n’ont pas connu la même sollicitude de la part de l’institution judiciaire. Ainsi, de nombreuses demandes en révision, concernant de célèbres affaires comme Dominici, Seznec, Mis et Thienot, Turquin, Raddad ou Dany Leprince, ont à ce jour toutes été rejetées. Laissant, à chaque fois, flotter dans les couloirs des Palais de justice comme un goût d’inachevé.