Manifs anti-mariage gay : 293 interpellations, 36 blessés

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Manifs anti-mariage gay : 293 interpellations, 36 blessés
De violents incidents ont éclaté dimanche soir sur l'esplanade des Invalides après la dispersion de la manifestation contre le mariage gay.@ REUTERS
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De violents incidents ont éclaté dimanche soir après la manifestation. Manuel Valls accuse "l'extrême droite".

EN RÉSUMÉ. La loi est promulguée depuis huit jours et le premier mariage gay sera célébré mercredi à Montpellier. Mais, dans une ultime démonstration de force, les détracteurs de la "loi Taubira" ont redit leur opposition au mariage gay dimanche. Ils étaient 150.000 à défiler à l'appel de "La Manif pour tous", selon la police. Les organisateurs, eux, ont estimé à "plus d'un million" le nombre de participants". Une manifestation distincte, de l'institut Civitas, a de son côté rassemblé 2.800 personnes selon la police. Dimanche soir, après l'appel à la dispersion de la manifestation, des heurts ont éclaté sur l'esplanade des Invalides. Des incidents condamnés par le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, qui a accusé des individus "issus de l'extrême droite et de la mouvance identitaire".

Voici les moments-clés de la journée de dimanche :

350 personnes interpellées, 36 blessés. Aux Invalides, là où ont convergé les cortèges, quelque 200 à 300 fauteurs de troubles ont affronté dimanche soir les forces de l'ordre pendant plus de deux heures, scandant "ça va péter, ça va péter !", "Dictature socialiste" et "Hollande démission !". Le ministre de l'Intérieur a aussitôt condamné "avec force" ces heurts qui ont débuté après l'appel à la dispersion de la manifestation. La police a finalement interpellé 350 personnes, dont 250 ont été placées en garde à vue, selon le dernier bilan communiqué lundi matin par Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur. Par ailleurs, 25 militants d'extrême-droite ont été interpellés place de l'Opéra, dans le 9e arrondissement de Paris, selon les informations d'Europe 1. Et 36 personnes ont été légèrement blessées en marge des manifestations, dont 34 policiers et gendarmes, un journaliste et un manifestant.

Valls accuse l'extrême droite. "Ces incidents ont été provoqués par plusieurs centaines d'individus, pour la plupart issus de l'extrême droite et de la mouvance identitaire, qui ont agressé violemment des policiers, dont quatre ont été blessés, des gendarmes, ainsi que des journalistes", a accusé Manuel Valls qui estime que ces heurts "prouvent clairement que le dispositif de sécurité conséquent mis en place à l'occasion de cette journée de contestation était pleinement justifié".

Une photo prise par Jean-Sébastien Soldaïni, reporter d'Europe 1, aux Invalides :

Invalides, manif pour tous

© Jean-Sébastien Soldaïni/EUROPE 1

Les violences en vidéo :

> ZOOM : L'UMP divisée après la manifestation

150.000 selon la police, plus d'un million pour les organisateurs. 150.000 personnes ont participé à la "Manif pour tous", selon la préfecture de police. Les organisateurs ont de leur côté assuré que "plus d'un million" de personnes avaient pris part à la manifestation. La présidente de la "Manif pour tous", Ludovine de la Rochère, a en outre annoncé : "nous poursuivrons le combat partout en France".

En plus des trois cortèges de la "Manif pour tous", un quatrième, distinct et animé par les membres de l'institut Civitas, proche des catholiques intégristes, a aussi défilé, sans converger jusqu'à l'esplanade des Invalides. Cette manifestation a rassemblé de son côté 2.800 personnes. 

manif pour tous REUTERS

"Dernière fête des mères avant liquidation". Dans les cortèges, de nombreux slogans faisaient allusion à la Fête des mères, la "dernière avant liquidation", note une militante socialiste.

Sur Twitter, Christine Boutin, la présidente du Parti chrétien démocrate, a posté en début d'après-midi une photo de la manifestation, avenue de Suffren, dans le 15e arrondissement de Paris.

Des militants d'extrême-droite sur la terrasse du Parti socialiste. Une vingtaine de membres de Génération identitaire, un mouvement d'extrême-droite, ont affirmé dans l'après-midi qu'ils avaient investi le toit du siège du Parti socialiste, situé rue Solférino à Paris, rapporte Le Lab d'Europe 1. L'intrusion a duré une demi-heure.

Le Parti socialiste a de son côté précisé qu'il s'agissait de "la terrasse mitoyenne" à son siège et que cette occupation constituait "une atteinte inacceptable envers la démocratie".

4.500 policiers, 96 interpellations. La préfecture de police, très critiquée après les violences qui ont gâché le 13 mai la fête du PSG, avait mobilisé 4.500 policiers et gendarmes pour encadrer les quatre cortèges prévus dans la capitale. Au total, 96 personnes ont été interpellées, dont 39 placées en garde à vue, en marge des trois cortèges d'opposants de La manif pour tous et de celui organisé séparément par Civitas et Le printemps français. Parmi eux se trouvaient des activistes d'extrême droite des Jeunesses nationalistes et de Génération identitaire. "Cet après-midi, les forces de l'ordre ont procédé à l'interpellation d'une centaine de manifestants, dont des militants des Jeunesses Nationalistes et de l'Oeuvre Française qui refusaient de se disperser à l'issue de leur rassemblement", a précisé le ministère de l'Intérieur dans la soirée.

manif pour tous UMP MAXPPP

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Copé trouve "normal" de manifester". Cible de critiques de la part du gouvernement, le président de l'UMP, Jean-François Copé, a estimé "normal" de manifester au côté des opposants au mariage homosexuel qui, espère-t-il, transformeront bientôt leur "engagement sociétal" en "engagement politique" au sein de l'UMP. En revanche, Laurent Wauquiez, également présent dans le cortège, s'est démarqué du président de son parti, appelant à avoir "la décence de ne pas chercher à récupérer de façon politicienne ce mouvement". 

> CACOPHONIE : L'UMP divisée après la Manif pour tous 

Le FN représenté. Le Front national de son côté n'a donné aucune consigne mais est aussi représenté, notamment par la députée Marion Maréchal-Le Pen, pour qui la manifestation est un "succès". Le député Gilbert Collard, également sur place, a de son côté profité pour rappeler que Marine Le Pen, absente de la manifestation, avait promis d'abroger la loi si elle parvenait au pouvoir.

cortège manif pour tous à Paris, 26 mai 2013

© REUTERS

Le "Printemps français". Depuis plusieurs jours, la figure de proue de la contestation elle-même, Frigide Barjot, visiblement dépassée par sa droite, s'est déclarée menacée et privée de liberté de parole, au point, a-t-elle répété samedi, de renoncer à défiler dimanche. Les opposants les plus radicaux sont désormais regroupés sous l'appellation "Printemps français", nébuleuse que le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a menacé de dissoudre en raison de ses excès et de sa "phraséologie factieuse". "Monsieur Valls ne nous fera pas taire, les menaces ne nous font pas peur!", lançait vendredi soir Béatrice Bourges, porte-parole de ce Printemps français qui prône des actions coup de poing plus musclées que les opérations "bisounours" de Frigide Barjot.