Violents heurts entre CRS et pro-palestiniens à Paris

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Violents heurts entre CRS et pro-palestiniens à Paris
La préfecture de police de Paris (PP) avait interdit cette manifestation, évoquant des "risques graves de trouble à l'ordre public" .@ Reuters
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EN IMAGES  - Des violences ont éclaté lors de la manifestation pro-palestinienne à Barbès, interdite par la préfecture de police.

L'INFO. Un ou plusieurs milliers de sympathisants pro-palestiniens ont afflué samedi à Barbès, dans le nord de Paris, pour exprimer leur soutien aux Palestiniens de Gaza, malgré l'interdiction de cette manifestation par les autorités. A la fin du défilé, des projectiles, cailloux et bouteilles ont été lancés sur les forces de l'ordre. Une centaine de manifestants s'en sont pris aux CRS et gendarmes mobiles. Des voitures - dont deux fourgons de la RATP - ont également été brûlées boulevard de la Chapelle. 



Les policiers ont répliqué avec des gaz lacrymogènes, provoquant des mouvements de foule disparates dans les petites rues autour du carrefour Barbès. Les policiers de la BAC des départements 94 et 93 ont été appelés en renfort, selon un journaliste du Parisien. Les manifestants sont ensuite partis sur les voies de métro et un feu de cagette s'est déclenchés. Selon une source policière, 38 personnes ont été interpellées pour jets de projectiles, violences contre les forces de l'ordre et outrage.



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Un blessé. Au moins une personne a été blessée pendant ces échauffourées, un homme ensanglanté au niveau du bassin. Dans une grande confusion, plusieurs poubelles ont été jetées à terre et de nombreux magasins du quartier ont baissé leur rideau, pendant que les manifestants scandaient  "Israël assassin! Hollande complice!", dans une atmosphère rendue irrespirable par les gaz lacrymogènes.



Lors de la manifestation, au moins deux drapeaux israéliens ont été déchirés et brûlés, sous les applaudissements de la foule. En tête du cortège, de jeunes hommes, keffiehs sur le visage, ont défié les CRS en les filmant avec leurs smartphones, selon une journaliste de l'AFP.

"Risques graves de trouble à l'ordre public". La préfecture de police de Paris (PP) avait interdit vendredi cette manifestation, évoquant des "risques graves de trouble à l'ordre public" après les heurts le 13 juillet devant deux synagogues parisiennes en marge d'un autre rassemblement. À Nice et Sarcelles, des décisions similaires avaient été prises. Une mise en garde également rappelée par François Hollande, en déplacement au Tchad : "ceux qui veulent à tout prix manifester en prendront la responsabilité".

Une interdiction "illégitime et scandaleuse". "Que la manifestation soit autorisée ou non, il va y avoir des centaines ou des milliers de jeunes qui vont converger vers Barbès samedi", prévenait dès vendredi Alain Pojolat, du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), seul parti politique à maintenir son appel au rassemblement. "La solidarité avec les Palestiniens doit pouvoir s'exprimer à Paris", a précisé Sandra Demarcq, membre de la direction du NPA, qui juge l'interdiction "illégitime et scandaleuse".

Pour déjouer l'interdiction de la préfecture, les organisateurs de la manifestation avaient introduit un recours en urgence devant le tribunal administratif de Paris, qui l'a rejeté vendredi soir. Leur avocat, Me Hosni Maati, avait indiqué dans la soirée que ses clients avaient l'intention de saisir le Conseil d'Etat. Mais l'institution n'avait pas enregistré d'appel samedi vers midi.

Plus de 4.000 personnes ont également manifesté à Lyon, 1.700 à Saint-Etienne, 1.300 à Strasbourg et 600 à Clermont-Ferrand, ainsi que plusieurs personne à Nancy et Montbéliard.