Maire des villes, maire des champs

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Maire des villes, maire des champs
@ Capture d'écran Google Map/MAXPPP
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Le congrès des maires de France se termine. A cette occasion, portraits croisés de deux élus.

Cette semaine se tenait le congrès annuel des maires de France, qui s’achève ce jeudi. La France compte 36.682 maires, et parmi eux des élus des villes, et des élus des champs. Portrait croisés de deux d’entre eux, Florian Viet et Stéphane Beaudet, des trentenaires interrogés par Europe1.fr. L'un est maire de Mareuil-en-Dôle, un village de 270 habitants dans l’Aisne, et le second est maire de Courcouronnes, une ville de l'Essonne, en banlieue parisienne.

La rémunération. Florian Viet, agriculteur et directeur d’un cabinet de conseil patrimonial, a 32 ans. Pour sa fonction de maire de Mareuil-en-Dôle, il est rémunéré 600 euros par mois.

Stéphane Beaudet, 38 ans, est un ancien journaliste. Depuis 2002, il est maire de Courcouronnes, une ville de 15.000 habitants, ou "plutôt 20.000, car dans les villes de banlieue il y a une différence entre le recensement et la réalité", tient-il à préciser. Il gagne 3.200 euros par mois.

Une activité chronophage. Florian Viet n’a pris son poste qu’à la mi-octobre 2010, suite à la démission de l’ancien maire, et à l’organisation d’une nouvelle élection. "Il n’y avait qu’une seule liste, et tout le monde voulait que je sois maire, donc je le suis", explique-t-il avec humilité. "Mon activité de maire me prend une journée par semaine, j'ai une permanence tous les mardis soirs, et il y a cinq à six réunions du conseil municipal par an".

De son côté, Stéphane Beaudet, arrivé à l’âge de deux ans dans la ville nouvelle de Courcouronnes, a "l'impression de faire 50 métiers dans la journée". "Ca me prend 7 jours sur 7. La journée, je suis le chef d’une entreprise de 450 salariés qui travaillent pour la commune, et le soir et le week-end, je suis plutôt l’employé des habitants», raconte-t-il avec humour.

Des sujets du quotidien. Village ou ville de banlieue, la proximité avec les habitants est grande. "Chez nous, les problèmes c’est le chien du voisin qui a fait caca sur la boîte aux lettres, ou celui qui a fait marcher sa tondeuse le dimanche», évoque Florian Viet.

"Il y a dix ans, on venait plutôt me parler de sécurité. Aujourd’hui, c’est l’emploi et le logement", décrit le maire de Courcouronnes. "Et je suis devenu un spécialiste de la chasse aux étourneaux depuis que je suis maire !", s’amuse-t-il, en faisant référence à l’"invasion" de sa ville par cet oiseau.

L’image du maire. Quelle que soit la taille de sa ville, chaque maire est conscient de l’importance de son rôle. "Vous savez j’ai une permanence sans rendez-vous tous les jeudis, et ça ne désemplit pas. Je dirais que le maire et le président de la République sont les seules personnes que les gens connaissent, ils viennent vous voir pour tout et n’importe quoi".

"En tant que maire, on a surtout des contraintes et des responsabilités", pense Florian Viet. C’est plus du dévouement qu’autre chose, et j’ai l’impression qu’il y a moins de respect qu’avant". "Et puis il y a vraiment un problème de fond dans l’organisation des administrations publiques", pense le maire de Mareuil-en-Dôle.

Le meilleur comme le pire. "Le plus dur en tant que maire ? C’est d’aller relever deux gamins morts dans la rue. La violence, c’est aussi un sujet dans une ville de banlieue", raconte Stéphane Baudet. "Mais il y a aussi de très beaux moments, et puis la plus belle histoire, c’est lorsqu’on a retrouvé David, un enfant trisomique qui avait disparu. On s’était tous mobilisés, c’est un très bon souvenir", se souvient-il. "J’ai connu de bons souvenirs grâce au sport. La semaine dernière, on a inauguré un terrain de football en synthétique, on a fait un match, c’est important aussi".

Le terrain de football, c’est aussi un enjeu à la campagne."Nous avons des problèmes, parce que les jeunes n’ont pas de lieu pour jouer au foot, et les gens se plaignent du bruit. J’ai décidé de leur faire un terrain, je les ai rencontrés pour cela. J’aimerais qu’ils participent, même de façon modique, c’est une façon de les responsabiliser", raconte Florian Viet enthousiasme.