Madoff : Maistre ne s’est "douté de rien"

  • A
  • A
Madoff : Maistre ne s’est "douté de rien"
@ MAXPPP
Partagez sur :

Le gestionnaire de Liliane Bettencourt a été auditionné, cette fois dans l'affaire Madoff.

"Je ne me suis évidemment douté de rien. Ses placements avaient l'air sensés et réguliers", a assuré Patrice de Maistre. Le conseiller de Liliane Bettencourt s’est entretenu jeudi, en tant que témoin, avec le juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke, qui enquête dans l’affaire Madoff, du nom de celui désormais surnommé l'escroc du siècle.

Deux rencontres Maistre-Madoff

Patrice de Maistre confie, dans une interview au Journal du Dimanche, avoir rencontré Bernard Madoff la première fois en 2006 et une autre fois en septembre 2008, "deux mois et demi avant sa chute". "Les deux fois, je l'ai vu à New York, dans ses bureaux, environ une heure, comme je voyais d'ailleurs à Manhattan une dizaine de personnes qui géraient des fonds de Liliane Bettencourt", explique-t-il dans les colonnes du journal.

Le conseiller financier de Liliane Bettencourt assure également dans le périodique qu'il aurait immédiatement retiré l'argent investi par l'héritière de L'Oréal dans les affaires de Bernard Madoff s'il avait eu le moindre doute sur la probité de l'homme d'affaires. Les investissements de Liliane Bettencourt remontent à 1997, explique-t-il, et ils ont été "initiés" par ses prédécesseurs, lui-même n'ayant pris ses fonctions qu'en 2003.

Selon Patrice de Maistre, Liliane Bettencourt "a perdu les 22 millions" d'euros "placés dans Luxalpha", un fonds d'investissement basé au Luxembourg qui a basculé les sommes d'épargnants européens dans les sociétés de Bernard Madoff. L'enquête française sur cet arnaqueur a montré que la structure créée dans les années 1990 pour attirer des épargnants chez Bernard Madoff était Oreades, un fonds détenu par L'Oréal, déposé à la BNP. Le préjudice mondial de l'escroquerie est évalué à 65 milliards de dollars, dont 500 millions d'euros en France au moins.

Des complicités de Madoff en France ?

Saisi en mai 2009 par des plaintes en France, le juge Renaud van Ruymbeke cherche à faire la lumière sur les ramifications de cette escroquerie historique pour la finance. Elle reste mystérieuse puisqu'aucun procès ne s'est tenu aux Etats-Unis, où Bernard Madoff a plaidé coupable et accepté en juin 2009 une peine de 150 ans de prison, qu'il purge actuellement, ce qui a coupé court à l'enquête du FBI sur d'éventuelles complicités ou complaisances.

Patrice de Maistre, quant à lui, a été entendu dans le cadre des enquêtes menées par le parquet de Nanterre sur un éventuel trafic d'influence et des soupçons de blanchiment de fraude fiscale dans la tentaculaire "affaire Bettencourt".