"Mademoiselle", rayez cette mention

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"Mademoiselle", rayez cette mention
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Des associations féministes veulent la suppression du terme dans les documents administratifs.

L’offensive est lancée contre Mademoiselle. Les associations féministes Les Chiennes de garde et Osez le féminisme mènent à partir de mardi une campagne pour supprimer la case "mademoiselle" dans les formulaires administratifs, notamment pour les impôts, la sécurité sociale ou même le site SNCF. Avec à la clé une page Facebook "Mademoiselle : la case en trop", riche lundi soir de 726 membres.

"Il n’y pas de raison qu’il y ait deux civilités pour les femmes, qui diviseraient les femmes en deux catégories : celles qui seraient mariées et celles qui ne le seraient pas", argumente à Europe 1 Julie Muret, d’Osez le féminisme. "Notre campagne vise à supprimer complètement cette appellation qui est sexiste, puisque ça ne concerne que les femmes. Et qui est assez condescendante, puisque mademoiselle, ça veut dire pucelle. Ça renvoie vraiment aux jeunes filles, aux femmes à marier. C’est assez révélateur d’un traitement différencié entre les hommes et les femmes et d’une inégalité qui persiste", s’offusque la porte-parole.

"Une appellation sexiste et condescendante" :

 

"Cette double civilité a été abandonnée dans énormément de pays", poursuit Julie Muret, qui cite le cas de l’Allemagne, où le terme "Fräulein" est quasiment tombé en désuétude.  

Cette démarche n’est pas une première en France. Dès 1972, le ministre de la Justice de l'époque, René Pleven, remarquait qu'"aucune réglementation - fût-ce pour l'établissement des documents officiels - n'impose un choix entre" Madame et Mademoiselle. En 1983, la ministre des Droits de la femme, Yvette Roudy, parle même de "discrimination". En 2007, l'association Mix-Cité saisit la Halde du cas d'une femme à laquelle on réclamait 145 euros pour modifier le "mademoiselle" en "madame" sur sa carte grise.

Plusieurs lettres ou circulaires administratives ont d'ailleurs demandé aux services de supprimer cet usage. En vain.