Loïk Le Floch-Prigent "risque de mourir"

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Loïk Le Floch-Prigent "risque de mourir"
L'épouse de Loïk Le Floch-Prigent a écrit à François Hollande pour demander sa libération.@ Reuters
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TEMOIGNAGE E1 - Son épouse a écrit à François Hollande pour demander sa libération.

C'est un cri de détresse que pousse la femme de Loïk Le Floch-Prigent. L'ancien patron de la compagnie pétrolière Elf est détenu à Lomé, au Togo, pour une affaire d'escroquerie. Son épouse affirme que son état de santé nécessite un rapatriement sanitaire. Elle en appelle à François Hollande, son "dernier recours", dit-elle sur Europe 1.

"Les autorités françaises sont mobilisées. Elles suivent avec attention l'évolution de sa situation", a fait savoir mercredi soir une source gouvernementale. Loïk Le Floch-Prigent "bénéficie de la protection consulaire comme tous les citoyens français dans une situation similaire", a-t-on précisé.

"Aujourd'hui, il est tout près de mourir"

Loïk Le Floch-Prigent, âgé de 69 ans, souffre d'un cancer de la peau, et doit être opéré, explique Marlène Le Floch-Prigent. "Aujourd'hui, il est tout près de mourir. Des médecins ont pu l'examiner, effrayés de voir dans quel état il est. Bientôt, il sera trop tard", écrit Marlène Le Floch-Prigent au chef de l'Etat. "Qu'attend-on ? Que mon mari meure faute de soins ?", s'interroge son épouse.

L'ex-patron d'Elf a été inculpé en septembre dernier par la justice togolaise pour complicité d'escroquerie. "Monsieur le Président, faites quelque chose pendant qu'il est encore temps. Vous seul pouvez convaincre le Togo qu'un homme mort ne peut pas être jugé", écrit encore Marlène Le Floch-Prigent à l'adresse de François Hollande.

"C'est la première fois que j'entendais mon mari pleurer"

"C'est un Breton très dur à la douleur et là, il souffre", assure son épouse sur Europe 1. "La semaine dernière, je l'ai appelé et c'est la première fois que j'entendais mon mari pleurer. Ça m'a révolté", poursuit-elle.

"Il est innocent, il n'a pas touché un centime" :

Pour Marlène Le Floch-Prigent, il ne s'agit pas pour son mari d'échapper à la justice togolaise. "Je veux que la justice passe parce qu'on verra qu'il est innocent et qu'il n'a pas touché un centime. Il a été un bouc-émissaire dans le temps, je ne veux pas que ça se reproduise", poursuit-elle. Elle assure ne pas avoir encore reçu de réponse de François Hollande.

Les avocats de Loïk Le Floch-Prigent ont plusieurs fois demandé sa libération, mettant en avant la détérioration de son état de santé qui commande selon eux son rapatriement d'urgence. Cette analyse a été étayée par une expertise judiciaire togolaise qu'il doit être soigné sans délai, selon son avocat Me Patrick Klugman. La justice togolaise exige néanmoins une caution de neuf millions de dollars pour sa libération. Une demande assimilée à une "rançon" par sa défense.