Loi sur la burqa : place à la pédagogie

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Loi sur la burqa : place à la pédagogie
@ EUROPE 1
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Eric Besson a dévoilé le rôle des "ambassadrices de la laïcité" qui vont sillonner les quartiers.

Le ministre de l'Immigration Eric Besson a installé mercredi quinze "ambassadrices", chargées de promouvoir la laïcité et l'égalité hommes-femmes dans les quartiers les plus sensibles. Il a pour cela signé une convention annuelle de 80.000 euros avec l'association Ni Putes Ni Soumises pour la mise en œuvre de ce programme, mis en place quinze jours après la promulgation de la loi interdisant le port du voile intégral dans l'espace public.

Ne pas attendre "l'expansion" du problème

Un tel dispositif législatif puis associatif est-il nécessaire pour à peine plus de 2.000 personnes concernées ? "La mission d’information parlementaire a montré que c’était un chiffre en expansion", a rétorqué le ministre de l'Immigration vendredi matin sur Europe 1.

"Vous pensez que cela aurait été plus intéressant d’attendre qu’il y en ait 20.000 ou 200.00 pour que la loi soit votée ?", a-t-il poursuivi :

Ce ne sont pas non plus les menaces formulées par Al-Qaïda qui vont faire reculer le gouvernement, a poursuivi le ministre. "Ce n’est pas Ben Laden qui peut nous faire renoncer à des valeurs qui sont constitutives de notre identité nationale", a-t-il martelé.

Place à la pédagogie

Avant l’interdiction, Eric Besson veut donc passer à la pédagogie. "La loi dit que le 11 avril 2011, c’est-à-dire 6 mois après la promulgation de la loi ne pourra plus porter de voile intégral en France et donc c’est 6 mois de pédagogie, d’information. L’association Ni putes ni soumises nous a proposé une convention par laquelle 15 ambassadrices vont aller sillonner la France et parler à celles qui pourraient recevoir des contraventions si elles ne changent pas d’attitude d’ici-là", a-t-il précisé.

Les 15 ambassadrices de l'égalité hommes-femmes devront contribuer à ce dialogue, mais leur travail "ne limiteront pas leur intervention à la seule question du voile intégral", a tenu à préciser le ministre de l'Immigration.

Des collèges aux immeubles

Issues pour la plupart de l'immigration, ces quinze femmes iront, pendant ces quelques mois à la rencontre des habitants des quartiers les plus sensibles. Objectif : promouvoir la laïcité et l'égalité entre les hommes et les femmes, "partout où elle est menacée".

Leur mission démarrera à partir du 25 novembre, dans treize communes d'Ile-de-France et neuf grandes villes de province. Elles y animeront des réunions et des débats locaux, dans les maisons de quartier ou dans les établissements scolaires, et "se présenteront à la porte des appartements, là où la violence contre les femmes est la moins visible, est la plus redoutable".

"Certaines vont entamer le dialogue, on va discuter et d'autres qui vont être agressives, qui vous insultent, qui sont virulentes, qui n'acceptent pas le débat et qui vont être complètement dans leur idéologie", témoigne Rachida Ben Ahmed, l'une des 15 ambassadrices désignées par l'association.

"Reconquérir le terrain occupé par les obscurantistes"

La présidente de Ni Putes Ni Soumises, Sihem Habchi, a expliqué que son objectif était de "reconquérir le terrain occupé par les obscurantistes et l'extrême droite". Elle a plaidé pour la "liberté des femmes à disposer de leur corps". "C'est un droit pour toutes les femmes qui naissent dans ce pays", a-t-elle insisté.