Lohr obtient une semaine de sursis

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Lohr obtient une semaine de sursis
Un tramway Translohr à Clermont-Ferrand@ Maxppp
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L'entreprise, en cessation de paiements, compte sur le rachat de Translohr pour assainir ses dettes.

L'avenir des salariés de Lohr industrie se jouera finalement cette semaine. La justice commerciale a donné lundi une semaine supplémentaire au groupe alsacien Lohr Industrie, en cessation de paiements depuis le 4 juin, pour conclure ses négociations avec Alstom et le FSI afin de leur céder sa division de tramway sur pneus Translohr, a indiqué l'entreprise.

Le groupe Lohr qui emploie 940 personnes, dont la plupart au sein de Lohr Industrie (plus de 700 personnes), a déposé le bilan après l'échec d'une négociation avec Alstom et le Fonds stratégique d'investissement (FSI). La discussion portait sur la cession de la division tramways de Lohr, Translohr. Sévèrement touché par la crise, Lohr compte sur cette cession de Translohr pour obtenir une bouffée d'oxygène. Selon les syndicats, le groupe est asphyxié par une dette totale comprise entre 90 et 100 millions d'euros.

Alstom a simplement précisé que "les discussions se poursuivent", tandis que le FSI a fait savoir qu'il "est aligné avec Alstom dans une volonté de faire aboutir les discussions en cours".

Combler la trésorerie négative

Le montage prévoit la reprise de Translohr, qui emploie 200 personnes, ainsi qu'une partie des activités immobilières du groupe Lohr. Alstom et le FSI, bras financier de l'Etat, devraient débourser 35 millions d'euros pour une participation respective de 51% et 49% dansTranslohr, qui est actuellement l'unique fabricant de tramways sur pneus au monde. Ils devront également abonder un fonds de roulement de "plusieurs dizaines de millions d'euros pour combler la trésorerie négative".

En avril, la somme de 60 millions d'euros avait été avancée par le duo Alstom/FSI. La semaine dernière, une offre bien inférieure a cependant été transmise et rejetée par Lohr.

Les négociations en cours

Les négociations avec Alstom se poursuivent cependant et seraient en bonne voie, selon plusieurs sources proches du dossier. "Nous sommes là pour demander le soutien de l'Etat dans cette négociation, parce que nous voulons éviter le redressement judiciaire", a expliqué Yves Mattern, de la CFDT.

Les salariés de Lohr Industrie, qui n'ont pas reçu leurs salaires du mois de mai, craignent par ailleurs un plan social dans les mois qui viennent.